L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) prévoit une demande en baisse de son pétrole brut en 2020. Celle-ci sera de 29,3 millions de barils par jour (b/j) en 2020, soit 1,3 million de b/j de moins par rapport à 2019, a indiqué l’organisation dans son rapport mensuel publié jeudi, précisant que ce recul se produira alors que la demande mondiale dépassera 100 millions de b/j.

Cette demande sera portée notamment par la Chine et l’Inde et doit croître en conséquence à un rythme annuel «d’environ 1,14 million de b/j», pour atteindre 101,01 millions de b/j par jour l’année prochaine. Pour justifier cette prévision, l’organisation a estimé que «même si de grandes incertitudes subsistent, les prévisions de croissance tablent sur l’absence d’autres risques pouvant influer à la baisse sur le marché, et notamment sur le fait que les problèmes liés au commerce international ne s’aggraveront pas davantage».
Par ailleurs, le ralentissement des économies américaine et chinoise ne devrait pas influer sur le taux de croissance économique mondiale prévisionnel en 2020, qui est de 3,2%, soit le même que celui de 2019, soutient la même source. Concernant la production des pays non Opep pour l’année prochaine, elle devrait compter 2,4 millions de b/j supplémentaires, une augmentation qui se fera grâce à l’ouverture par les Etats-Unis d’un nouveau pipeline entre le bassin permien et la côte du Golfe du Mexique, le Brésil, la Norvège et le Canada.
Dans le même rapport, il est indiqué qu’en juin dernier, sa production a encore connu un recul de 68 000 de b/j pour atteindre 29,83 millions de b/j, un volume toujours supérieur à la demande prévue l’année prochaine. Face à ces prévisions, l’Organisation et ses partenaires «continueront de rester vigilants pour promouvoir une stabilité durable» du marché pétrolier. Elle rappelle « la sur-conformité persistante des membres de la Déclaration de coopération à leurs ajustements volontaires de la production qui témoigne de leur engagement indéfectible envers le processus de stabilisation du marché». Cet engagement a été « réaffirmé lors de la 6e réunion ministérielle des pays membres de l’Opep et des pays non membres de l’Opep», ajoute l’Organisation pétrolière.
Pour rappel, l’Opep et ses partenaires, dont la Russie, se sont entendus, au début du mois courant, sur une reconduction, jusqu’en mars 2020, de leur accord portant réduction de leur production. Cette réduction, en vigueur depuis le 1er janvier dernier, est de 1,2 million de b/j dont 800 000 de b/j pour l’Opep et 400 000 de b/j pour ses alliés. La vigilance de l’Opep+ pourra, en outre, compter sur l’Arabie saoudite, acteur clé dans l’accord qui prévoit de maintenir la tendance baissière de sa production en vigueur ces derniers mois. Pour le mois d’août prochain, le géant mondial prévoit de rester en dessous des 10 millions b/j en août, avec des exportations moyennes inférieures à 7 millions de b/j, afin d’éviter tout excédent de stocks. A noter que la 16e réunion du comité de suivi ministériel conjoint Opep et non Opep (JMMC) est prévue en septembre prochain à Abou Dhabi (Emirats arabes unis). ce Comité est, faut-il le rappeler, composé de l’Arabie Saoudite, la Russie, l’Algérie, les Emirats arabes unis, l’Iraq, le Kazakhstan, le Koweït, le Nigeria et le Venezuela.