Sa détresse était là. Il était inconsolable lorsque Djamel Belmadi, sélectionneur national, l’avait appelé pour rejoindre le banc. Baghdad Bounedjah, l’attaquant des « Verts », a disputé un 4e match sans marquer. Une éternité pour un buteur glouton qui a brillé en club avec Al-Sadd (42 buts en 27 matches) et la sélection avant le début de la Coupe d’Afrique des nations. Est-ce que cette méforme pourrait remettre son statut de titulaire en considération ? L’image était saisissante et très
démonstrative. On venait à peine de revenir des vestiaires, Baghdad Bounedjah surprend les Ivoiriens et part dans le dos de leur défense pour provoquer un penalty. Il décide de s’en charger mais rate l’occasion de « breaker ». A genou, le nez dans le gazon, l’avant-centre de l’EN savait qu’il venait de rater une immanquable occasion pour approcher considérablement les siens de la qualification et faciliter la confrontation.

Plombé et pesant
L’ancien pensionnaire de l’USM El-Harrach (Algérie) et l’Etoile Sportive du Sahel (Tunisie) a explosé en larmes après la victoire au forceps. Un succès poussif mais suffisant pour lui épargner les regrets et lamentations. Bounedjah a vu son compteur avec la sélection se bloquer à 11 pions en 27 apparitions. Rien d’alarmant mais dans ce type de compétitions, l’équipe a besoin d’un fer de lance efficace qui transforme les demi-occasions. Le footballeur de 27 ans, en a eu tellement mais peine à les mettre au fond. Son unique réalisation était un penalty transformé contre le Kenya (2/0) lors de la première sortie de cette CAN dans sa 32e édition. Par la suite, il a eu des situations sans réussir leur concrétisation. «J’ai eu des occasions lors du match face au Kenya ainsi qu’aujourd’hui. C’est le football, lors du prochain match, j’espère être mieux concentré pour inscrire des buts », a indiqué le meilleur baroudeur de la QSL (Qatar Stars League).

Généreux mais stérile
Même s’il n’a pas fait trembler les filets, l’Oranais semble être une pièce importante sur l’échiquier de Belmadi qui continue à lui faire confiance. Est-ce qu’il l’alignera lors de la demie contre le Nigéria après sa terne copie présentée face aux Ivoiriens ? Rien n’est moins sûr puisque le driver de l’EN a indiqué qu’ « qu’on fait partie des équipes qui ont utilisé l’ensemble de l’effectif. Il se pourrait que je mette le même onze contre le Nigeria sans Youcef (le latéral droit et forfait pour le restant de la compétition). Il se peut ! Mais tout le monde est concerné». L’investissement du Ballon d’Or algérien 2018 ne fait pas aucun doute. Son pressing, son jeu en pivot et en remise sont de très haute qualité. Il semble bien s’entendre avec Youcef Belaïli. Ce dernier lui a d’ailleurs laissé le ballon pour tirer le penalty alors qu’il l’avait pris pour le botter. Probablement assez d’atouts pour être gardé dans le Onze algérien. Il lui reste juste à être moins obnubilé par le fait de marquer et soigner son dernier geste. D’autant plus que sa qualité de finition n’est pas mauvaise. « En demi-finales et en finale, la qualification sera pour moi incha Allah », a-t-il promis avant de monter dans le bus. A tenir. On prend note et rendez-vous. M. T.