L’appareil judiciaire est au centre des interrogations dans un contexte politique particulier marqué par une impasse politique et institutionnelle dans laquelle continue de patauger le pays.
La convocation et les sentences prononcées à l’encontre d’anciens responsables de l’Etat et des figures apparentées au pouvoir de Bouteflika ne laissent plus personne indifférent.
Qu’il s’agisse de l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, ou de son prédécesseur, Abdelmalek Sellal, ou même d’accusés et d’inculpés à notoriété publique de taille moyenne, le travail de la justice bénéfice de la curiosité de tout le monde.
C’est ainsi que les décisions émanant à profusion des Cours de justice passent inexorablement à l’appréciation, souvent sur fond de soupçons, pas seulement des professionnels du secteur, mais aussi celle du citoyen lambda qui n’accorde pas, en vérité, de crédit à une justice qui aura consommé, au fur et à mesure, le capital de sympathie qu’elle comptait au sein de la société.
C’est probablement le grand enjeu qui s’offre à l’appareil judiciaire à travers l’emballement juridico-politique en cours et toutes les interrogations qui l’accompagnent en dépit probablement de l’idée que peut se faire chaque personne entre la satisfaction que «l’heure de rendre des comptes aura sonné » des uns et la conception suggérant « une justice-spectacle» qui traduirait plutôt un règlement de comptes entre parties en conflit.
Mais au-delà de l’appréciation que l’on peut se faire sur le travail qu’accomplit l’appareil judiciaire dans ce contexte politique exceptionnel, force est de constater que toutes les questions soulevées autour de la justice ont provoqué du mouvement dans un secteur névralgique gagné par l’inertie pendant des décennies.
Cette dynamique, si elle n’annonce pas une révolution dans le secteur de la justice ni même une évolution qu’on pourrait qualifier de significative, n’aura pas moins mis au-devant de la scène des questions de premier ordre sur la réalité d’un appareil juridique dont le fonctionnement constitue un véritable critère de la pratique démocratique et de la consécration de l’Etat de droit.