L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia a comparu à nouveau devant le juge enquêteur près la Cour suprême. Jeudi, il a été entendu essentiellement sur des dossiers de corruption en relation avec le montage automobile. Il s’agit, en deux mots, de son implication présumée dans les affaires de Mourad Oulmi, patron du groupe Sovac, et de Hacène Larbaoui, propriétaire de la marque KIA en Algérie ; tous les deux incarcérés à la maison d’arrêt d’El Harrach.

« Le Conseiller instructeur près la Cour suprême a auditionné, jeudi, Ahmed Ouyahia dans les affaires de Mourad Oulmi (Sovac) et Hacène Arbaoui (KIA), poursuivis pour octroi d’indus avantages à autrui lors de la passation d’un marché en violation des dispositions législatives et organisationnelles en vigueur, abus de fonction par un agent public en violation des dispositions législatives, conflit d’intérêts, corruption en matière de passation de marchés publics et dilapidation de deniers publics », lit-on dans un communiqué publié, jeudi, par le Procureur général près la Cour suprême. Le Conseiller instructeur a ordonné « le placement du mis en cause en détention provisoire dans le cadre de ces deux affaires », conclut la même source.
Mardi dernier, le Procureur général près la Cour d’Alger avait transféré également le dossier des procédures suivies dans l’affaire Mazouz Ahmed contre les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, et trois anciens ministres pour des faits punis par la loi. Placé en détention provisoire depuis le 12 juin dernier, Ahmed Ouyahia fait face à plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à l’octroi d’indus avantages au titre de l’octroi de marchés publics et de contrats en violation des dispositions législatives de dilapidation de deniers publics, d’abus de pouvoir et de fonction. Plusieurs autres ministres, walis et hauts fonctionnaires de l’Etat devraient répondre des mêmes chefs d’accusation retenus à la suite des enquêtes préliminaires menées par la Gendarmerie nationale et les auditions effectuées par le juge d’instruction près la Cour d’Alger.

Un ancien vice-P-DG de Sonatrach en détention
Sur une liste de 12 anciens hauts fonctionnaires, sur laquelle figurent les deux ex-Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, quatre anciens ministres n’ont pas été encore auditionnés par le juge enquêteur près la Cour suprême. Il s’agit de Abdesselem Bouchouareb, Abdelkader Bouazghi, Amar Ghoul et BoudjemaTalaï. Le Parquet général près la Cour suprême a engagé des procédures de poursuite judiciaire à l’encontre de plusieurs anciens ministres et hauts responsables conformément aux formes et dispositions prévues dans le Code de procédure pénale pour des faits punis par la loi. Les deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, ainsi que l’ancien ministre du Commerce, Amara Benyounès, ont été placés en détention provisoire, alors que Karim Djoudi, Amar Tou, Youcef Yousfi ont été placés quant à eux, sous contrôle judiciaire. Djamel Ould Abbès, qui a été auditionné dans une affaire distincte, liée à la mauvaise gestion du ministère de la Solidarité nationale, a été lui aussi mis en détention provisoire la semaine dernière. Par ailleurs, le conseiller instructeur près la Cour suprême a ordonné également le placement de l’ancien vice-président directeur général de la Sonatrach, Abdekhafidh Feghouli, en détention provisoire. La décision a été prise à l’issue de son audition dans le cadre d’une enquête sur des affaires de corruption. Abdelhafidh Feghouli a été entendu pour des faits de corruption, liés à la passation de marché en violation des dispositions légales et règlementaires en vigueur en vue de l’octroi de privilèges injustifiés à autrui et à la dilapidation de deniers publics. L’ancien vice-PDG du groupe Sonatrach avait déjà été condamné, par le passé, à une année de prison, dont quatre mois fermes, dans l’affaire Sonatrach. La Cour suprême devrait se saisir à nouveau de ce dossier, un des scandales les plus retentissants de ces vingt dernières années. La même juridiction a annoncé, également, il y a quelques jours, le réexamen de l’affaire de l’autoroute Est-Ouest qui promet, à son tour, de nouvelles surprises, tant il est vrai que le premier traitement de ces affaires avait exempté de poursuites l’ensemble des ministres qui étaient aux postes au moment des faits.