Oued Zitoun, commune située à 70 km environ du chef-lieu de wilaya El Tarf, une quinzaine seulement du chef-lieu de daïra Bouhadjar, ne sait plus quoi faire pour régler le sempiternel problème d’alimentation en eau potable. Ce problème qui a fait couler beaucoup d’encre dure depuis quarante ans, nous confie un homme de soixante ans. Ammi Hamdane, éleveur de son état, n’a cessé de nous parler de l’eau. Il dit en ces termes : « La région est bien arrosée, il neige en hiver sur les hauteurs du mont d’El Mcid. Aussi, paradoxalement, la commune de quinze mille habitants a soif, elle a soif toute l’année. Les élus locaux ont soulevé maintes fois ce handicap qui envenime le quotidien des citoyens. Un des élus s’est même querellé avec l’ex-wali, actuellement de Sétif, parce qu’à chaque fois au conseil de wilaya il évoque le problème. L’ex-wali l’avait tenu à l’œil et l’empêchait à chaque fois de prendre la parole. Une attitude qui a exaspéré l’élu de cette commune. La région est pourtant bien arrosée et le plus grand barrage de 165 millions de mètres cube se trouve à une vingtaine de kilomètres. Cependant, la canalisation n’a jamais fonctionné et les habitants sont nourris de promesses qui n’ont jamais été tenues. Ils ne sont pas les seuls à subir ce sort, les habitants d’Asfour, de Drean le sont aussi. La localité avec sa voisine de Hammam Beni Salah de la même daïa sont confrontées depuis des années aux affres du manque d’eau potable. Notre interlocuteur nous apprend que les promoteurs auxquels ont été confiés les projets ne font que du rafistolage et les habitants de cette localité n’ont jamais eu d’eau courante. « Les douches nous les prenons tous les quinze jours en puisant l’eau du puits d’un voisin », nous renseigne Abed, un maçon. Au village, désert en cette matinée du jeudi, un groupe de personnes nous déclare : « Pour avoir quelques litres d’eau, chacun se débrouille à sa manière et selon ses propres moyens. D’autres à d’eau d’âne ramènent l’eau des collines du mont du M’cid situé à 1 200 mètres d’altitude et qui se couvrent de neige presque chaque année ». Un jeune homme enchaîne : Nous avons une lueur d’espoir depuis le lancement du projet mais nous avons tout de suite déchanté. La mise en service est à chaque fois reportée à cause des fuites constatées. » « Le manque d’eau potable rend notre quotidien morose », avoue un autre groupe que nous avions rencontré près du café maure. Enfin, à Oued Zitoun, le manque d’eau potable est un véritable goulot d’étranglement, pourtant des sommes colossales sont investies. n