L’activité judiciaire a été complètement paralysée, jeudi dernier, à travers les différentes juridictions de la wilaya de Béjaïa, suite au mouvement de grève générale et nationale initié par l’union nationale des barreaux d’Algérie (UNBA). Ce débrayage d’une journée a ponctué les trois marches synchronisées organisées dans la même journée par la corporation des avocats au niveau de la capitale (Alger), Oran et Annaba.

En tout cas, le mot d’ordre de grève générale lancé par les membres de l’UNBA, à l’issue de leur assemblée générale extraordinaire (AGE), tenue le samedi 6 juillet à l’hôtel Royal de Béjaïa, a été massivement suivi par la corporation à Béjaïa. 

Pour preuve, les cinq tribunaux relevant de la cour de Bejaia ont été paralysés par ce mouvement de grève des robes noires.

Ainsi, les magistrats exerçant au niveau de ces tribunaux ont été contraints de renvoyer à une date ultérieure tous les procès programmes pour la journée du jeudi 11 juin, notamment les affaires enrôlées aux tribunaux correctionnels. L’ajournement de ces procès a été motivée par l’absence de la partie défenderesse.

Toutefois, cette grève générale des avocats n’a eu aucun effet sur la cour d’assises, puisque la deuxième session criminelle de l’année en cours, a été clôturée le 3 juillet dernier, a-t-on appris auprès de la cour de Béjaïa.

Joint au téléphone, le bâtonnier de Béjaïa, Me Salem Khatri, s’est félicité de la réussite de l’action initiée par sa corporation, tout en saluant la mobilisation de ses confrères affiliés au barreau de Béjaïa, lesquels ont massivement participé à la marche pacifique organisée à Alger. 

Pour rappel, les membres de l’organisation nationale des barreaux d’Algérie, ont décidé de recourir à ces actions de protestation afin de dénoncer « l’instrumentalisation de la justice pour casser le mouvement populaire né le 22 février ». Ils condamnent, à ce titre, l’incarcération « injuste » du Moudjahid Lakhdar Bouregaâ, l’ancien commandant de la wilaya IV historique, ainsi que les manifestants ayant brandi l’emblème Amazigh, lors des manifestations populaires à Alger.

Notons enfin, que l’AGE de l’UNBA a également mis sur pied une cellule de suivi de l’évolution des événements politiques, laquelle se chargera de recenser tous les cas des manifestants ayant subi des « brutalités policières » dans le sillage du mouvement populaire pacifique.