Tlemcen: « Libérez Issam et Benhabib ! » 

La chaleur caniculaire et l’appel des « sirènes » balnéaires n’ont pas visiblement entamé la détermination des participants à la marche de ce vendredi, acte 21 du Hirak. Même si le nombre de manifestants a sensiblement baissé, la « fièvre » populaire de la veille, suite à la victoire des Verts, ne semble pas avoir eu d’impact ni booster la marche. Le Hirak serait échaudé par l’arrestation de deux de ses icones, selon certaines mauvaises langues, version « trolls », qui interprètent ainsi cette désaffection toute relative. En tout cas, les revendications du 22 février n’ont pas baissé d’un cran, le mot d’ordre « martial » est toujours de mise et les slogans cardinaux n’ont pas changé d’un iota. « Gaïd Salah, echaâb machi djayah, tnahaw ga3 ! », « Elmadda sebaâ li chaâb, ya Gaïd Salah, barka malaâb ! », « Dawla madania, machi askaria ! », étaient scandés à tue-tête. Passant devant le Tribunal, la foule est prise de délire de « justice » : « Libérez Issam, libérez Benhabib, ya el haggarine ! », allusion aux deux animateurs du Hirak mis sous mandat de dépôt après la marche du 5 juillet dont les portraits des deux blogueurs, détenus d’opinion, étaient brandis à cette occasion, et « Ya qodate tilimsen, hakmou el khawanine ! », « Aïna el adala, el içaba daïra hala ! », « Djibou Louh lel El Harrah, djibouh ! »… Sur des pancartes, on pouvait lire « Bedoui, dégage », « Bensalah, dégage », « Solution politique, non constitutionnelle », « Libérez les détenus d’opinion », « Makanche el intikhabate, ya el issabate »… A noter l’absence de caméras, nonobstant un journaliste et un correspondant d’une chaîne privée, qui ont été pris à partie devant la villa d’hôte de la wilaya, boulevard Colonel Lotfi. Vendredi dernier (5 juillet), c’était l’équipe de l’ENTV (station d’Oran) qui a été chassée manu militari et sans aucune forme de procès devant le siège de la wilaya, boulevard Pasteur.

Sidi Bel Abbès :« Pas de vote avec el issabate »

Comme de coutume, et malgré la canicule, les Bélabessiens n’ont pas manqué leur rendez-vous du vendredi pour revendiquer à voix haute le changement pour une Algérie libre et démocratique, scandant leur refus du maintien de Bensalah et Bedoui. Des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants se sont regroupés à la place du Premier-Novembre du centre-ville, réitérant leur exigence de changement radical et déterminés à ne cesser le Hirak que lorsque leurs revendications légitimes seront satisfaites et verront la bande des malfaiteurs (issabate) en prison. 

La canicule n’a pas dissuadé les manifestants de faire la marche en scandant « la ilaha illa Allah, wa nidam ennemi d’Allah, djeich chaab khawa khawa », « l’application de l’article 7, le peuple seul décideur », et aussi « le départ des restes du système pourri », « Etat civil non militaire », « samidoune samidoune houkm el askar rafidoune », « koul djoumoua khardjine », « Gaïd Salah barka malaab, article 7 solta li chaab » et « one two tree viva l’Algérie », « pas de vote en présence des issabate ».

Boumerdes : Grandiose marche pour un Etat civil et non militaire

Des milliers de citoyens, dont de nombreuses familles, sont sortis encore dans les rues de Boumerdès pour le 21e vendredi de mobilisation populaire depuis le déclenchement de la révolution pacifique du 22 février. Bravant la chaleur caniculaire, les milliers de manifestants, qui ont entamé la marche à partir du siège de la daïra, pour sillonner les principales artères de la ville, ont scandé des slogans hostiles au pouvoir. Le dernier discours du général Gaïd Salah n’a pas laissé indifférent puisque les manifestants ont réagi fortement en revendiquant un Etat civil et non militaire et en exigeant le départ de tout le système et toute sa bande. « Dégagez tous », Gaïd Salah dégage ! « Bensalah, dégage », « Bedoui dégage ! », « Algérie libre et démocratique », « justice indépendante », « pacifique et unité nationale ! » sont les principaux slogans brandis par les manifestants qui ont marqué une halte au niveau du siège du GPRA où a été hissé pour la première fois le drapeau algérien. Ils ont crié haut et fort la libération du commandant Lakhdar Bouregaa, celle des jeunes arrêtés pour le port du drapeau amazigh ainsi que tous les détenus d’opinions. « Toutes les tentatives du pouvoir militaire actuel ne vont pas nous arrêter, au contraire, nous sommes de plus en plus mobilisés et engagés pour arracher la véritable indépendance et faire partir tout le système et sa bande », lancera Ali, un jeune actif du mouvement citoyen déclenché le 22 février dernier. Des pancartes, sur lesquelles on pouvait lire entre autres « Kabyle, Arabe, Chaoui, Mzabi, Targui, Khawa Khawa, », Bensalah, Bedoui, Gaïd Salah ! dégagez », « justice indépendante », « libérez les détenus d’opinions », « libérez les jeunes innocents qui ont brandi l’emblème amazigh », ont été également portées par les manifestants qui ont exprimé l’engagement de poursuivre la protestation jusqu’à la concrétisation des revendications relatives au recouvrement de toutes les libertés du citoyen et à l’édification d’un Etat de droit pour tous les Algériens. La marche, qui était encadrée par un important dispositif de sécurité, s’est terminée dans le calme.

Tizi Ouzou : « Primauté du civil sur le militaire ! »

En ce vendredi 21 de de la mobilisation populaire, la rue à Tizi Ouzou a été encore une fois au rendez-vous de la contestation. Réitérant leur fidélité aux exigences soulevées depuis le 22 février 2019, les milliers de citoyens qui ont investi le parcours de la marche ont scandé des mots d’ordre qui se veulent une réponse au discours musclé et menaçant du chef d’état-major de l’ANP. « Pour un Etat civil et non militaire ! », « Primauté du civil sur le militaire ! », ont scandé les manifestant qui n’ont pas été tendres avec la personne du vice-ministre de la Défense. Loin de lui tresser des lauriers, le chef d’état-major a essuyé des quolibets à la hauteur des mots durs qu’il a proférés dans son dernier discours. « Gaïd Salah dégage! », « Arrêtez vos manœuvres régionalistes et de division », écrit un manifestant sur une banderole. La cause des détenus a été fortement défendue par les marcheurs qui étaient unanimes à dénoncer l’instrumentalisation de la justice à des fins répressives et d’étouffement de la révolution. « Libérez les détenus, libérez la justice », « Non à la justice du téléphone ! » ont scandé beaucoup de marcheurs qui ont dit « non à la feuille de route défendue par le pouvoir ». « La hiwar, la chiwar, arrahil obligatoire (ni dialogue, ni concertation, le départ (du pouvoir) obligatoire) ont encore clamé les nombreux marcheurs.

Bordj Bou Arreridj au rendez-vous

Inlassablement, quelque centaines de marcheurs sont sortis pour occuper la rue, maintenir la pression et tirer à boulets rouges sur les derniers résidus du système et sa  » périphérie ». A cor et à cri et brandissant l’étendard amazigh et l’emblème national, ils ont scandé des propos hostiles au système en place, allant de « nous exigeons un Etat civil et pas militaire « , mêlés à  » ulac smah ulac » et  » que toute la bande s’en aille « . Les manifestants n’ont épargné ni les gendarmes, ni la police et ils s’en sont même pris à la presse, ou une partie de la presse, du moins ce qu’on a laissé entendre, qu’ils ont qualifiés tous de  » de corrompus, de lécheurs de bottes et de complices ». Comme dans toutes les marches, même si personne ne connaît personne, chaque anonyme aborde et engage la conversation sans encombre avec son voisin.

El Tarf : Les manifestants réclament une seconde République

En ce vendredi 21, les manifestants étaient encore au rendez-vous à la place de l’Indépendance, qui fait face au siège du chef lieu de wilaya, pour renouveler leurs revendications issues du 22 février dernier, « le départ de toutes les figures du régime de Bouteflika » et ont axé leur revendication « sur l’application des articles 7 et 8 » (voir photo en haut, © »Reporters ») . Seule une transitionnelle en compagnie de personnalités propres et intègres peut nous mener vers une élection libre et démocratique d’un nouveau Président », ont scandé les manifestants. Ces derniers arborant l’emblème national ont marché pacifiquement le long des artères de la ville sous un soleil de plomb et une humidité lourde. Une fois de plus, les manifestants apportent leur soutien au grand moudjahed de la Wilaya IV Lakhdar Bouregaa, aux détenus d’opinion et aux jeunes jetés dans les prisons pour avoir brandi l’emblème amazigh, qui appartient à tous les Algériens. Les jeunes, les femmes présentes depuis le premier vendredi, les hommes ont dénoncé les pratiques de l’ancien régime et la division sous toutes ses formes. Ils ont appelé aussi au départ du Gaïd Salah chef d’état-major et scandé « djeich chaab khawa kwawa.


Ce Vendredi 12 juillet 21019 à El-Tarf (©Reporters)

« « El Gaïd Salah, nous sommes là pour vous dire que le peuple est uni et que vos propos ne changeront rien à nos convictions », « Tetnahaw Gaa », sans exception pour installer la seconde République. Comme les autres vendredis, les manifestants qui ont occupé les rues étaient plus nombreux que les semaines dernières pour réclamer à haute voix « pas d’élection sous Bedoui et Bensalah », « Gaid empêche les partis qui ont appuyé le cinquième mandat de se régénérer ainsi que tous les satellites ». « Le parti FLN dégage », « MPA dégage », « RND dégage », « TAJ dégage » reviennent comme un leitmotiv dans les bouches des manifestants. La population tarfinoise, hommes, enfants, femmes, travailleurs, étudiants, exige le départ de toutes les figures du régime de Bouteflika et une alternance démocratique. La mobilisation n’a pas diminué en dépit des tentatives d’affaiblissement visant la division et l’essoufflement du mouvement Hirak. « Gaïd ne peut parler de Constitution, piétinée depuis le troisième mandat, où était-il quand celle-ci a été bafouée ? », nous lance un ancien moudjahed, très touché à la suite de l’emprisonnement de Benhadid, du général maquisard de la première heure Lakhdar Bouregaa, qui ont passé la nuit de l’anniversaire de l’Indépendance en prison. Les manifestants brandissaient haut les banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Bedoui et Bensalah qu’attendez-vous pour démissionner », « Gaïd appliquez les articles 7 et 8 ». Enfin, la marche s’est déroulée pacifiquement sans aucun incident et les policiers postés à tous les coins n’ont réprimé aucun manifestant et se sont tenus loin d’eux assurant uniquement leur sécurité. Les manifestants ont provoqué un dialogue sur la démarche à suivre pour sortir de la crise que traverse le pays et pour apporter des solutions et sont déterminés pour provoquer un changement pacifique qui laissera le monde entier ébahi.

Les Béjaouis marchent sous une chaleur torride 

A Bejaia, la marche populaire de ce vendredi 12 juillet 2019, a drainé plusieurs dizaines de milliers de citoyens venus avec des drapeaux pour réitérer leur engagement à poursuivre leur combat pacifique jusqu’à la chute définitive du régime et l’avènement de la deuxième République. C’est en tout cas le message politique qui découle des slogans scandés par les manifestants tout au long de leur marche qui a démarré, comme d’habitude, vers 13h30, de l’esplanade de la maison de la culture Taos Amrouche pour se terminer au quartier d’El Khemis. En dépit de la chaleur caniculaire et de l’humidité, les Béjaouis sont sortis en masse pour battre le pavé dans une ambiance bon enfant. Drapés de l’emblème national et de l’étendard berbère, les manifestants arboraient des banderoles et des pancartes portant des slogans hostiles au pouvoir. « Système dégage », « Dawla madania Matchi Askaria » (Pour un État civil et non militaire), « Le peuple veut la chute du régime », « Pour une Algérie libre et démocratique », Djeich Echaab Khawa Khawa »…, autant de slogans mis en avant par les marcheurs. Parmi ces derniers, certains ont arboré les portraits de quelques héros de la Révolution, dont Abane Ramdane, Larbi Ben Mhidi, Boudiaf… Les photos du chanteur kabyle assassiné en 1998, Matoub Lounes, et celles du Moudjahid Lakhdar Bouregaa qui se trouve actuellement incarcéré à la prison d’El Harrach, étaient également portées par des manifestants. Ces derniers n’ont pas d’ailleurs cessé de réclamer la libération de tous les détenus d’opinion, dont Lakhdar Bouregaa, Louisa Hanoune et les porteurs de drapeau Amazigh.

MILA : pour un changement radical

Les habitants de la wilaya de Mila, bravant le soleil et la chaleur, ont encore une fois, en ce vingtième et énième vendredi de mobilisation populaire, sillonné les rues de Mila, chef-lieu de wilaya, pour revendiquer haut et fort un changement radical du pouvoir en place et appeler à l’instauration d’une nouvelle République démocratique issue du peuple. Le message des manifestants via des banderoles, des pancartes, des slogans et expressions, est on ne peut plus clair et explicite : « intikhabate naziha ghir hia li tafriha », « raddou leblad lamalliha », « La li dawlate attilifoune », « naâm li dawlate el qanoune », « Dawla madania machi âaskaria », « el watan lil djamiê wa fawk el djamiê », « Gaïd Salah barka men elâab, 7 wa 8 soltane echâab », « El yad fi el yad annahiou el issaba wane zidou El Gaïd ».