Annoncée en grandes pompes sur la page Facebook du Palais de la culture Abdelkrim Dali et via les réseaux sociaux ainsi que par la voix du réalisateur, la séance de projection-débat du film documentaire «Cordoba» de Bensalem Bouabdellah qui devait avoir lieu mardi à 18 heures dans la salle Cheïkh Larbi-Bensari, en présence du réalisateur, a été annulée quelques heures avant le rendez-vous avec les cinéphiles.

Contactée par nos soins, la direction dudit palais, via la secrétaire, nous informera que la décision d’annulation du spectacle fait suite à une instruction émanant du ministère de la Culture selon lequel le film en question ne jouit pas du visa de censure de la commission du visionnage des films cinématographiques dont la composante (le président et la majorité des membres) a été dernièrement renouvelée par la ministre de la Culture. Un avis défavorable d’autant incompréhensible que la projection en avant-première mondiale de «Cordoba»s’est tenue dimanche (7 juillet 2019) au siège de l’association socioculturelle locale d’Oran «Santé Sidi El-Houari».
En tout cas, ce caprice bureaucratique, rimant avec zèle administratif, outre qu’il a causé un désagrément au public invité en les privant d’un débat qui s’annonçait fort intéressant, a suscité des interrogations légitimes au sujet de cette déprogrammation impromptue, d’autant que les cinéphiles étaient impatients de rencontrer un cinéaste natif de Tlemcen, en l’occurrence Bensalem Bouabdellah, au sein du palais de la Culture. «A l’heure où le hirak bat son plein, cette décision d’en haut est mal venue, inopportune ; elle a généré une hargne auprès des intellectuels de Tlemcen qui estiment que c’est un véritable sabotage», souligne Si Mohammed Baghli, chercheur en legs universel. Réagissant à cet «oukaze», ce dernier prend l’initiative de laisser une note à l’intention du public non informé de ce changement de programme avant de proposer le Groupe scolaire Bouabdallah de Diar es-Saboun, à Sidi-Saïd (Tlemcen) comme lieu de déroulement où la projection sera transférée en catastrophe. Il faut souligner que la randonnée hebdomadaire depuis la Station de Sidi ‘Abdallah ben ‘Ali d’Al-Ba’al, organisée par Si Mohammed Baghli a vu la participation ce samedi (6 juillet 2019) de Bensalem Bouabdellah. Et pour cause, l’évènement a été libellé «Randonnée mémorielle de Cordoba» pour la circonstance, en l’honneur de l’illustre hôte de ladite station historique, qui a saisi cette belle opportunité écologique pour se «ressourcer» dans le site d’El Ourit, via Aïn el Ghomri. Il convient de signaler que la projection en avant-première mondiale de «Cordoba», s’est tenue ce dimanche
(7 juillet 2019) au siège de l’association socioculturelle locale «Santé Sidi El-Houari» qui s’attelle aux préparatifs d’un festival national dédié à la promotion de la culture de la paix et du vivre-ensemble, prévu vers la fin-juillet courant. «Cordoba» a pour contexte la célèbre mosquée qui fait la réputation de cette ville espagnole, héritée de la civilisation arabo-musulmane en Andalousie (711-1492). Ce monument déclaré Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1984, est au centre d’une polémique internationale créée par l’évêque de Cordoue qui l’avait secrètement inscrit, en 2006, au registre de la propriété comme bien appartenant à l’église catholique. Pour mémoire, la mosquée-cathédrale de Cordoue, également connue sous son ancien nom de Grande mosquée de Cordoue (Mezquita de Córdoba) et sous son nom ecclésiastique officiel de cathédrale Notre-Dame de l’Assomption (Catedral de Nuestra Señora de la Asunción), «est un ancien temple romain qui devint église puis mosquée, et dans laquelle fut ensuite érigée une cathédrale. C’est un monument majeur de l’architecture islamique, témoin de la présence musulmane en Espagne du 8ème au 15ème siècles. Il s’agit du monument le plus accompli de l’art des Omeyyades de Cordoue. Convertie en église au 13ème siècle après la Reconquista par le roi Ferdinand III de Castille, elle est depuis lors la cathédrale du diocèse. Il faut savoir qu’en l’an 711, Tariq Ibn Ziad Al Oulhaci a débarqué à Cordoue avec 7000 Senhadjis berbères, avec l’aide d’un chef byzantin, gouverneur de la tribu des Ghomara,connu dans les sources arabes sous le nom «Youlyân», et dans l’historiographie chrétienne sous celui de «Comte Julien». Lors de la Reconquista, en 1200, 5600 Cordouans se réfugient à Tlemcen, «la Grenade de l’Afrique»… L’idée de faire un film m’est venue aussitôt l’affaire révélée en 2014, a confié le réalisateur à l’APS. Le cinéaste s’est également associé à un vaste mouvement de protestation qui a drainé un demi-million d’adhérents de par le monde. Après l’avant-première à Oran, et la déprogrammation forcée à Tlemcen, le documentaire «Cordoba» devrait entamer une tournée internationale. Bensalem Bouabdallah, originaire de Tlemcen, est âgé de 68 ans et jouit d’un parcours riche en productions dont «L’horloge de la Mecque», qu’il compte étoffer prochainement par une série de films intitulée «Les Andalous».