L’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a été placé, hier, sous contrôle judiciaire à l’issue de sa comparution devant le juge enquêteur près la Cour suprême. Son nom a été cité dans les scandales qui ont marqué l’ère de la ruée vers le montage automobile. Il a été auditionné en sa qualité d’ex-ministre de l’Industrie et des Mines.

Il avait succédé à Mehdjoub Bedda, qui lui-même avait succédé à un Abdesselam Bouchouareb, réputé pour être à l’origine de nombreux scandales, puisqu’il était à la source directe des premiers textes conçus pour régir à la fois les concessions et l’industrie de montage automobile. C’est ce même ministère qui autorisait les projets de montage automobile et accorder les autorisations d’importations de véhicules. Il est de ce fait au cœur même des affaires traitées actuellement par le parquet, dont les dossiers impliquant les anciens ministres, Premiers ministres et walis sont transférés à la Cour suprême, juridiction à laquelle revient la mission de juger les hauts responsables de l’Etat. Et c’est ainsi que le parquet général près la Cour suprême a engagé les procédures de poursuites judiciaires à l’encontre de plusieurs anciens ministres et hauts responsables, dont Youcef Yousfi, conformément aux formes et dispositions prévues dans le code de procédure pénale pour des faits punis par la loi. Youcef Yousfi fait face à plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à l’octroi d’indus avantages, marchés publics et contrats en violation des dispositions législatives, la dilapidation de deniers publics, l’abus de pouvoir et de fonction. Ce sont les mêmes chefs d’accusation retenus contre les ministres et Premiers ministres ayant eu à prendre des décisions en relation avec l’industrie du montage automobile, dont les textes ont vu le jour en 2014. Abdelmalek Sellal et Abdesselam Bouchouareb occupaient, alors, respectivement les postes de Premier ministre et de ministre de l’Industrie et des Mines. Le premier a été conduit à la prison d’El Harrach, à l’issue de son audition par le juge d’instruction près la Cour suprême dans le cadre des dossiers Ali Haddad et Mahieddine Tahkout, alors que le second est en attente de son audition, se trouvant actuellement hors du territoire national.

Poursuites judiciaires engagées contre Amar Ghoul
Par ailleurs, le parquet général près la Cour suprême a engagé les procédures de poursuite judiciaire à l’encontre de l’ancien ministre des Transports, Amar Ghoul, dans le cadre des affaires relatives à Ali Haddad et Mahieddine Tahkout pour «des faits punis par la loi», a indiqué, mardi soir, un communiqué du Procureur général près la Cour suprême. «Suite au renoncement volontaire du membre du Conseil de la nation, Amar Ghoul, à son immunité parlementaire, et conformément à l’article 127 de la Constitution, le parquet général près la Cour suprême a engagé les procédures de poursuite judiciaire, conformément aux formes et dispositions prévues par le code de procédure pénale, à l’encontre de ce dernier en sa qualité d’ancien ministre des Transports dans le cadre des affaires de Ali Haddad et Mahieddine Tahkout pour des faits punis par la loi», lit-on dans le communiqué. «Le dossier de l’affaire a été transféré aux deux conseillers instructeurs désignés à cet effet pour prendre les mesures adéquates», a conclu le communiqué. Amar Ghoul, cité déjà dans le scandale de l’autoroute Est-Ouest, aussi retentissant que les scandales Khalifa et Sonatrach, avait échappé miraculeusement au premier procès qui s’était soldé par plusieurs condamnations à la prison ferme, alors que les personnes morales étaient condamnées à des amendes. Il vient d’être rattrapé par ses écarts de gestion, non lorsqu’il était ministre des Travaux publics, mais du temps où il occupait le poste de ministre des Transports. Il devrait ainsi comparaître bientôt dans le cadre des dossiers Ali Haddad et Mahieddine Tahkout, en attendant le réexamen annoncé du dossier de l’autoroute Est-Ouest.
Quant à l’affaire du Groupe Mazouz, actuellement en instruction, le Parquet général près la Cour suprême a annoncé, hier, avoir reçu de la part du Procureur général près la Cour d’Alger, le dossier des procédures suivies dans l’affaire Mazouz Ahmed contre les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, et trois anciens ministres pour des faits punis par la loi, lit-on dans un communiqué publié hier.
Les prochains jours promettent assurément de nouvelles surprises, d’autant que l’instruction de certaines de ces affaires n’est qu’à son début, alors que d’autres dossiers devraient atterrir sous peu sur le bureau du Procureur général près la Cour d’Alger.