Les autorités turques ont émis mardi des mandats d’arrêt contre près de 250 militaires soupçonnés de liens avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’avoir ourdi une tentative de coup d’Etat en 2016. Le parquet d’Istanbul a annoncé dans un communiqué avoir émis des mandats d’arrêt contre 176 militaires en service actif, dont un colonel. A Ankara, un procureur a demandé l’arrestation de 32 membres de l’armée de l’air, a rapporté l’agence de presse étatique Anadolu. Et les autorités étaient à la recherche de 52 militaires supplémentaires à Izmir (ouest) et Kocaeli (nord-ouest), selon la même source. Tous sont soupçonnés d’être des partisans du mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’être le cerveau de la tentative de coup d’État de juillet 2016. Installé aux États-Unis depuis une vingtaine d’années, M. Gülen nie catégoriquement tout lien avec la tentative de renversement. Depuis le putsch avorté, les autorités traquent sans relâche ses partisans et ont déclenché des purges d’une ampleur sans précédent dans l’histoire moderne de la Turquie. Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 limogées ou uspendues de leurs fonctions. Les vagues d’arrestations se poursuivent à un rythme soutenu, près de trois ans après le coup d’Etat manqué, avec des coups de filet pratiquement chaque semaine.