Quatre feux de forêt se sont déclarés, en pleine canicule il y a deux jours, dans quatre communes de la wilaya de Tipasa détruisant sur leur passage des dizaines d’hectares de forêts de pin d’Alep, de broussailles et de diverses cultures sans oublier les ruches implantées aux abords des espaces forestiers.

Les 4 feux se sont déclarés dans les communes forestières de Messelmoune, Nador, Sidi Amar et Menaceur où les habitants ont eu une frayeur car celui-ci n’était pas loin de leurs habitations, mais l’intervention rapide des agents des forêts, aidés par la Protection civile dans le cadre de la colonne mobile, ont réussi à le circonscrire, non sans efforts et difficultés. Les dernières 48 h ont été laborieuses pour les équipes d’intervention mixte réduisant à néant les effets des dispositifs et autres plans de lutte contre les incendies de forêts à Tipasa concoctés chaque année ou plutôt reconduits. Il faut signaler que, depuis le 1er juin, le plan de prévention et de lutte contre les feux de forêts dans la wilaya de Tipasa est mis en branle après une préparation au niveau de la conservation des forêts de Tipasa. Il s’agit, entre autres, d’inventorier tous les facteurs aggravants et déclencheurs des incendies ainsi que les points noirs répartis à travers le territoire de la wilaya avec surtout une présence humaine importante qui est, souvent, à l’origine des incendies que ce soit volontairement ou par inadvertance. C’est sur la base de ce constat que, selon les responsables des forêts, commencent les actions de prévention qui seront menées par différents organismes et structures impliqués dans l’exécution du plan en question. Dès que les arrêtés de wilaya sont signés, on entame la phase effective du plan de prévention qui s’étalera jusqu’au 31 mai, soit avant l’entrée en activité du plan anti incendie qui interviendra le 1er juin. La préservation de la forêt ne peut être garantie par l’unique dispositif anti incendie, c’est pourquoi il est procédé à des actions préventives en amont dans la mesure où celles-ci permettent de réduire les risques de survenance d’incendies de forêts nous explique-t-on. Parmi les intervenants dans le plan de prévention il y a lieu de citer, en plus du secteur des forêts, les APC, l’entreprise Sonelgaz, la direction des travaux publics ainsi que la Direction des services agricoles qui ont, chacun, une mission bien déterminée et un champ d’action précis. Les services de la Sonelgaz s’occupent, notamment, des opérations d’élagage des branchages d’arbres situées sur le parcours du réseau électrique en zone forestière, complété par une intervention des agents des communes qui sont, quant à eux, chargés de défricher les pistes situées sur leur territoire alors que la direction des services agricoles s’assurera de la mise en place du système de pare-feux pour éviter la propagation des feux dans les champs. Il faut rappeler que le feu ravage, chaque année, des centaines d’hectares et le bilan de l’année 2018, assez faible heureusement, a été quand même de 562 hectares de couvert végétal relevant du domaine forestier brûlés par 196 incendies. Parmi cette superficie détruite par le feu, 299 ha sont constitués de forêts de pin d’Alep tandis que les maquis et broussailles brûlés repésentent une surface de 270 ha et 2,5 ha d’arbres fruitiers. Au niveau national, depuis le 1er juin dernier, plus de 1000 ha de forêt ont été ravagés par 250 incendies enregistrés à travers plusieurs wilayas. C’est, du moins, ce qu’a affirmé la semaine dernière au forum d’El Moudjahid, le Directeur de la protection de la Faune et de la flore au niveau de la DGF, Abdelkader Benkhira. Deux parcs nationaux ont été touchés, le parc national des cèdres de Theniet El Had et celui de Chréa, selon ce responsable, qui a rappelé que le facteur humain est à l’origine des sinistres. Il a pointé du doigt le brûlage, à l’air libre, auquel s’adonnent les agriculteurs pour nettoyer leurs champs, ce qui n’est pas sans risques pour les espaces environnants. La majorité de départs de feu proviennent des champs de céréales c’est pourquoi il ne faut jamais cesser de sensibiliser les agriculteurs sur la nécessité de confectionner des fournières. Les directions des forêts, en collaboration avec d’autres corps, notamment la Protection civile, ont été appelées à préparer le plan d’intervention plus tôt et de mobiliser tous les moyens humains et matériels pour éviter la réédition de l’été infernal de 2017 en mettant en branle les colonnes mobiles au nombre de 10, cette année. Celles-ci sont déployées pour couvrir 10 régions forestières du nord du pays dont une qui couvre Blida/Tipasa.
Les brigades mobiles sont installées dans des sites proches des massifs forestiers afin d’intervenir rapidement car le facteur temps est déterminant dans la réduction du sinistre et, par conséquent, des dégâts. La direction générale des forêts s’est fixée comme objectif d’atteindre le chiffre d’une colonne mobile par wilaya, un investissement nécessaire car très utile pour protéger le patrimoine forestier. n