On a cru l’avoir perdu à un moment donné. Mais Riyad Mahrez a pu se surpasser et se sublimer pour nous offrir des prestations « total régal » dont il a le secret. Depuis le début de la CAN 2019 (21 juin – 19 juillet), sa clairvoyance, ses contrôles et ses crochets ne peuvent qu’épater les spectateurs et les impressionner. Le gaucher des « Verts » est en train de réaliser un tournoi en mode XXL. A le voir jouer, on a l’impression qu’il se sent pousser des ailes.

L’hommage après Algérie – Sénégal valait la peine. Même s’il n’avait pas terminé homme du match (trophée revenu au non moins talentueux Ismaël Bennacer), Riyad avait eu les louanges d’Arsène Wenger. Le légendaire technicien français, qui a fait les beaux jours d’Arsenal, a tenu à axer son analyse sur la prestation du sociétaire de Manchester City. «Mahrez a fait exprès d’alterner entre la rapidité et la lenteur lorsqu’il avait le ballon. Cette variation du rythme a perturbé la défense sénégalaise. Beaucoup peuvent penser que Mahrez a joué un match ordinaire mais je peux vous assurer que c’est lui qui a contrôlé le temps de la rencontre», avait décrypté l’expert sur beIN Sports en indiquant que cette faculté est «rare» chez les footballeurs.

Statut assumé
On le savait déjà, le récent champion d’Angleterre avec les «Sky Blues» est l’un des «Fennecs» les plus talentueux et attendus. Attendu comme les Mané (Sénégal), Zaha (Côte d’Ivoire), Ziyech (Maroc) et -bien sûr- Mohamed Salah chez lui en Egypte. Cependant, tout ce beau monde n’a pas pu gérer la pression et l’assumer. Pour preuve, les deux derniers nommés sont déjà éliminés. Contrairement aux autres qui ont participé activement à la qualification de leurs équipes pour faire durer l’aventure et la prolonger. L’Algérien a, d’ailleurs, été primé avec le titre de «Man of the match» face à la Guinée et a eu droit à son petit trophée. Ainsi, le natif de Sarcelles a répondu aux attentes des Algériens. Promu capitaine par son sélectionneur Djamel Belmadi, il est en train d’être un leader technique incontestable chez les «Verts». Concernant le brassard, il avait annoncé la couleur avant la première sortie face au Kenya dans cette épreuve : «C’est juste un bout de tissu. Ce qui compte vraiment c’est d’être présent quand il faut. Ce n’est pas une pression en plus mais un honneur d’être capitaine de la sélection. Je suis prêt pour jouer ce rôle. Pour être leader sur et en dehors du terrain c’est une grosse responsabilité et je suis prêt à l’assumer.» Récemment, il avait indiqué qu’il a besoin de «10 joueurs derrière lui pour performer.» Un fort hommage aux coéquipiers.

Le «service» de Pep’
C’est un Mahrez plus à l’aise dans sa peau et avec son nouveau «rôle» qui est en train de faire l’étalage de sa «dextérité» footballistique. Longtemps relégué sur le banc en club sous la coupe de Guardiola, celui qui a marqué dans trois CAN d’affilée (2015, 2017 et 2019) a su bien finir l’exercice 2018-2019 en décrochant la couronne anglaise et répondant sur le terrain pour les dernières rencontres qu’il pu disputer comme titulaire. Au final, l’ex-pensionnaire de Leicester City aura fait 43 apparitions toutes compétitions réunies pour 12 buts marqués et autant d’ «assists» délivrés. Il aura surtout soulevé quatre trophées avec la Premier League, la Coupe de la League, la FA Cup et le Community Shield. Un joli palmarès pour une première année à Manchester où il n’aura pas été ultra-utilisé dans un effectif où la concurrence et permanente en la présence de joueurs de très grande qualité. Ce management (on le voit aussi comme un ménagement) de Pep, qui nous aura rendu service, lui a permis d’évite d’arriver émoussé. Sa fraîcheur physique se ressent quand on le regarde jouer. Ses prises de balles, contrôles orientés et transmissions sont fluides. Il fait même l’effort pour le repli défensif. Un Mahrez généreux au service du collectif qui compile 12 réalisations pour
21 passes décisives avec «El-Khadra» en 50 capes. A 28 ans, il a de fortes chances de passer le mur du 100. Surtout qu’il compte «s’investir à 200% pour décrocher la consécration». On lui souhaite, à lui et ses compères, bon vent.