On s’attendait à un Algérie-Mali qui s’annonçait difficile, et c’est à un improbable Algérie-Côte d’Ivoire qu’on aura finalement droit dans ces quarts de finale de la CAN égyptienne ouverte sur tous les possibles. Les Ivoiriens, qui n’ont point montré un football de haute facture, c’est le moins que l’on puisse dire, ont pu faire preuve d’un redoutable réalisme et surclasser des Maliens restés cois devant tant d’audace.

A la fin de la rencontre sur cette pelouse à l’anglaise du stade de Suez, les Maliens étaient choqués de subir ce sort injuste malgré la prestation des Aigles qui ont dominé leur sujet mais tout en restant inefficaces devant les buts. « C’est encore notre bête noire, c’est incroyable mais c’est dans la tête ! » répétaient les Maliens. A la fin de cette rencontre Reporters s’est rapproché de l’ancien gardien du légendaire Cameroun des années 1990 Joseph Antoine Bell présent dans la cabine des commentateurs. Pour lui c’est la loi implacable du football, une équipe qui, fait le jeu et l’autre rafle la mise. « Les algériens n’attendront certainement pas que les Ivoiriens commencent à jouer, les Algériens joueront tous seuls et les Ivoiriens trouveront encore une fois une excuse pour ne pas jouer en disant que nous étions étouffés, les joueurs de Belmadi ne se poseront pas de questions et n’hésiteront pas à mettre au fond les occasions créées, ils ne se croiront pas maudits d’avance comme les maliens », dira l’ancien gardien de but des Lions indomptables connus pour ne pas avoir la langue dans sa poche. Encore une fois comme pour les précédents du Maroc et de l’Egypte «la malchance» malienne devrait constituer une énième leçon pour les Verts pour ne pas laisser une marge à la déconcentration. L’objectif étant clair durant les 90 minutes : passer impérativement au demi-finales.     
 
Zaha, à surveiller comme du lait sur le feu
La Côte d’Ivoire version CAN 2019 emmenée par le virevoltant Wilfried Zaha n’en reste pas moins dangereuses. Le sociétaire de Christal Palace vient d’être désigné dans la liste type des huitièmes de finale de cette CAN. Un élément à surveiller comme du lait sur le feu par la défense algérienne afin d’annihiler le danger venant notamment côté gauche. Commentant les prestations peu attrayantes de leur équipe fétiche les ivoiriens estiment ici que « la CAN on vient pour la gagner, pas pour y faire le spectacle ! ». Encore ce réalisme ivoirien d’une efficacité redoutable. La magie de la Coupe d’Afrique peut-être. Présents parmi la délégation ivoirienne ici au Caire les anciennes gloires des Eléphants à l’instar de Youssouf Fofana et Abdoulaye Traoré venus encourager l’équipe et mettre leur expérience au service des Eléphants qui affichent une certaine confiance. Il est vrai que la Côte d’Ivoire est une grande nation du football africain même si la génération actuelle n’a pas le talent de l’ancienne, celle des Didier Drogba et Yaya Touré. L’Equipe nationale algérienne dans une dynamique positive boostée par des résultats à la mesure des espérances aura à faire le jeu durant cette rencontre et faire la différence en première mi-temps pour ne point laisser à Serey Die et les siens des raisons d’espérer. Mais attention. Jusque là l’évolution de la CAN égyptienne aura été telle que le moindre excès d’euphorie pourrait être fatale. Le groupe Algérie considéré ici en Egypte comme la meilleure formation de la CAN devrait prendre garde face à des Eléphants énormément trompeurs.