L’activité judiciaire sera sérieusement perturbée, demain jeudi 11 juillet, par le mouvement de grève générale et nationale décidé par les membres de l’Union nationale des barreaux d’Algérie (UNBA), à l’issue de leur Assemblée générale extraordinaire (AGE) tenue samedi dernier à l’hôtel Royal de Béjaïa.
En effet, dans le document portant les résolutions de cette rencontre nationale des robes noires affiliées à l’UNBA, il a été mentionné que la corporation des avocats a décidé de boycotter à l’échelle nationale toutes les audiences au niveau de l’ensemble des juridictions de l’ordre judiciaire. En outre, il a été décidé d’organiser le même jour, trois marches synchronisées à Alger (région centre), à Annaba (Est) et à Oran (Ouest).
A noter que ces actions de protestation visent, soulignent les membres de l’UNBA, à « accompagner et appuyer le mouvement populaire dans sa lutte pour le changement radical du système » et à « défendre les manifestants arbitrairement arrêtés ».
« Nous avons décidé de réinvestir le terrain de lutte pour réitérer notre engagement indéfectible aux côtés du peuple algérien qui se bat pacifiquement pour un changement de système politique et l’avènement d’une nouvelle République. Nous nous inscrivons dans les revendications du mouvement populaire né le 16 février à Kherrata, puis le 22 février à l’échelle nationale. Nous voulons donc maintenir cette dynamique citoyenne visant à instaurer une véritable République démocratique et sociale », nous a déclaré le bâtonnier de Béjaïa,
Me Salem Khatri, l’un des initiateurs de la dernière AGE de l’UNBA.
Notre interlocuteur a tenu à préciser que les membres de cette organisation nationale des barreaux d’Algérie
« dénoncent énergiquement toutes les arrestations arbitraires et les poursuites judiciaires engagées contre des animateurs du mouvement populaire, dont les manifestants arrêtés lors des manifestations à Alger, pour port du drapeau amazigh ».
Il fera savoir, à ce titre, que l’AGE de l’UNBA s’est engagée à défendre gratuitement tous les manifestants incarcérés ou victimes de dépassements et brutalités policières. « Nous avons, en effet, adopté en plénière une résolution portant constitution des collectifs d’avocats, dont les bâtonniers, devant assurer la défense de tous les manifestants incarcérés », nous a indiqué Me Khatri qui affirmera, en outre, que ces collectifs d’avocats se chargeront aussi du recensement de l’ensemble des manifestants et autres citoyens victimes de la répression du pouvoir en place, et ce, afin de porter plainte contre les auteurs de tout dépassement. Revenant aux marches synchronisées initiées par les 340 délégués de l’UNBA présents à l’AGE de samedi dernier, Me Khatri nous a assuré que les avocats affiliés au barreau de Béjaïa, qui compte quelque 1 425 membres, sont appelés à se déplacer, ce jeudi 11 juillet, à la capitale pour participer à la marche des robes noires. « Une manifestation qui fera date et marquera certainement les annales judiciaires de notre pays », a-t-il conclu.