C’est à Ghardaïa, où il s’était rendu, avant-hier, pour signer son contrôle judiciaire que l’avocat et militant Maître Salah Dabouz a décidé d’entamer une grève de la faim illimitée. Par cette action, l’avocat compte dénoncer «un acharnement » et « un déni de droit» de la part de l’appareil judiciaire à Ghardaïa.
«Des choses graves se passent à Ghardaïa », a-t-il expliqué dans une vidéo qu’il a postée sur les réseaux sociaux, ajoutant qu’il subit « un acharnement » au même titre que ses clients. Il a rappelé que son arrestation, le 9 avril dernier, entre dans le cadre d’un plan concocté pour arrêter plusieurs activistes mozabites. C’était, a-t-il indiqué, dans ce sillage que le défunt Dr Fekhar et Hadj-Brahim Aouf ont été arrêtés. «C’est un acharnement judiciaire», estime-t-il. «Il y a comme une volonté de nous briser », a-t-il encore accusé, estimant que son action vise également à dénoncer «les entraves » que rencontrent «ses clients».
Il cite, notamment, la famille du défunt Dr Fekhar qui n’arrive toujours pas à connaître les vraies raisons du décès de Kamel-Eddine en détention. «Tout est fait pour bloquer l’enquête sur cette mort programmée », a accusé l’avocat, qui a dénoncé, au passage, «une ingérence insupportable dans le travail de la justice à Ghardaïa ».
A travers cette grève de la faim, a ajouté l’avocat, «c’est aussi dénoncer la mort de Kamel-Eddine Fekhar qui a été détenu dans des conditions inhumaines avec Hadj-Brahim Aouf ».
«Cela n’a pas d’autres nom que l’acharnement», a-t-il estimé, ajoutant qu’il accuse «des parties ici à Ghardaïa » qui veulent, selon lui «liquider les activistes politiques de la région, quitte à recourir à l’assassinat». Il a raconté qu’après la mise en détention des deux militants, « ils ont failli me mettre en prison, mais la grève des avocats a dissuadé ces gens». Evoquant sa situation actuelle, il a souligné que le contrôle judiciaire auquel il est soumis depuis le mois d’avril dernier « est insupportable ». « Se rendre à 600 km trois fois par semaine est très pesant», a-t-il dit, considérant que cette situation « me met en chômage technique ».
« Cela relève plutôt de la vengeance», a-t-il dit, ajoutant que partant de cet état de fait « j’ai des soupçons légitimes sur l’existence d’une volonté de nous punir à cause de nos positions et de nos activités ».