L’examen aujourd’hui des appels pour la mise en liberté des manifestants, détenus pour avoir exhibé l’emblème amazigh dans des manifestations publiques, et celle du moudjahid Lakhdar Bouregaâ, est loin d’être un rendez-vous anodin.
Il peut, en effet, constituer un tournant dans le traitement des manifestations populaires en ce sens qu’il y a incontestablement une forte attente d’apaisement de la part des acteurs politiques et associations ainsi qu’auprès des avocats. Car, à l’évidence, la série d’arrestations enregistrée lors des dernières grandes marches populaires a considérablement affaibli les intentions de dialogue exprimées par les autorités publiques, en attendant bien entendu que ledit dialogue puisse prendre forme et soit véritablement engagé.
Ce raidissement contre l’action politique, unanimement condamné par la classe politique, survient alors que le bon sens recommande la réunion de conditions favorables à l’exercice politique. Et la tension, née suite à l’arrestation de jeunes manifestants, suivie de celle de Bouregaâ, n’a pas fait que jeter un coup de froid sur des manifestations qui se déroulaient dans la sérénité et la paix. Elle a aussi rendu caduques toutes les professions de foi annonçant une disponibilité au dialogue de la part du pouvoir politique. Une évolution négative, par ailleurs critiquée par des courants de l’opposition politique, pour qui le climat de tension généré par les arrestations et les poursuites judiciaires est un facteur qui aggrave la situation et éloigne les signes de solution à la crise politique et institutionnelle que traverse le pays. Aujourd’hui, les formations politiques, aussi bien celles regroupées au sein des « Forces du changement » que celles réunies autour des «Forces de l’alternative démocratique » s’accordent à réclamer des mesures d’apaisement qui ouvriraient la voie à une évolution positive dans la quête d’une solution à la crise. Par ailleurs, l’attente de mesures d’apaisement n’est pas moins forte au sein de la société civile qui ne cesse de dénoncer toutes les atteintes aux libertés individuelles et publiques.
C’est dire combien l’attente de mesures d’apaisement est forte auprès de l’ensemble de la classe politique et de la société civile qui seront visiblement aujourd’hui à l’écoute du prononcé de la Cour de Ruisseau…