C’est aujourd’hui qu’a lieu l’élection du nouveau président de l’Assemblée populaire nationale (APN) en remplacement de Mouad Bouchareb. La séance plénière consacrée au vote, outre le fait qu’elle va se dérouler dans un contexte politique d’exception, s’annonce d’ores et déjà houleuse. Et pour cause. Il n’y a pas eu de consensus entre les groupes parlementaires sur une candidature commune et unique.

Même au sein du même parti, on peut assister à une multiplicité de candidatures au perchoir de l’APN. Le FLN en est le parfait exemple. En effet, en dépit de l’annonce officielle de la candidature de Mohamed Djemaï à la succession de Bouchareb, il n’en demeure pas moins que les mécontents, à l’instar de Abdelhamid Si Affif, député de Mostaganem et président de la commission des Affaires étrangères, maintiennent leur candidature.
Pis, il s’est même engagé frontalement contre Djemaï en menant une campagne contre lui. Idem pour Toufik Torch président de la commission des Finances, Abderezak Terbache vice-président de l’APN, et de Boualem Bousmaha. Il faut dire que Mohamed Djemaï ne bénéficie pas du soutien de la quasi-totalité du groupe parlementaire du FLN.
Beaucoup lui tiennent, en effet, rancune d’avoir poussé Bouchareb vers la porte de sortie pour prendre sa place. De plus, certains députés FLN restent fidèles à Bouchareb et ne veulent aucunement entendre parler de Djemaï. C’est dans cette optique que ses pourfendeurs se sont également concertés, hier, sur la démarche à suivre, aujourd’hui lors de la plénière de l’élection pour trouver la manière idoine de barrer la route à sa candidature. De son côté, Saïd Bouhedja continue de réclamer la présidence de l’APN. Dans une déclaration à Reporters, il dit qu’il est « encore et toujours le président légitime de l’APN ». « Je n’ai pas démissionné, on m’a juste empêché d’accéder à mon poste par la force. J’interpelle le secrétaire général du FLN pour qu’il me rétablisse dans mes droits », a-t-il enchaîné, promettant de ne pas se taire.
« J’ai saisi la justice et je la saisirai autant de fois qu’il faut pour être rétabli dans mes fonctions », plaide-t-il. Par ailleurs, et hormis le FLN, hier, deux autres candidatures ont émergé. Il s’agit de Mohamed Hillali, du groupe parlementaire des indépendants, et de Nourredine Belmedah, sans attache partisane. S’agissant du RND, à l’heure où nous mettions sous presse, rien n’a filtré de la réunion du groupe parlementaire. Pourtant la rencontre a commencé à 14 heures et était censée donner juste des orientations à propos de la séance de vote d’aujourd’hui. Mais force est de constater qu’elle a été houleuse, compte tenu de la situation délétère que traverse le parti depuis la détention de son secrétaire général Ahmed Ouyahia à la prison d’El Harrach. Côté opposition, aucun groupe parlementaire n’a daigné tenir une réunion pour prendre position par rapport à cette élection. Quoi qu’il en soit et quelle que soit l’identité du futur président de l’APN, il fermera la parenthèse de Mouad Bouchareb, qui a été à l’origine de « l’opération Cadenas » et le verrouillage des accès de l’Assemblée à son prédécesseur Saïd Bouhadja pour s’adjuger son poste. Bouchareb s’est même fait poser une porte blindée, en acier, à l’entrée de son bureau pour empêcher l’accès aux députés le contestant.