L’année agricole exceptionnelle de la production céréaliculture enregistrée et sur laquelle repose toute l’économie de la wilaya d’Oum El Bouaghi ne semble pas avoir bénéficié de mesures exceptionnelles pour le stockage de la récolte dans des conditions satisfaisantes. Un état de fait nécessitant l’intervention rigoureuse des responsables locaux pour améliorer la situation et atténuer le calvaire et le découragement vécus par les fellahs.

Car l’optimisme tant affiché par les services concernés quant à la prise en charge convenable de la production céréalière de la wilaya s’est avéré en fin de compte exagéré. En effet, la production record de 3,5 millions de quintaux attendue pour cette campagne risque de subir les aléas négatifs d’une prise en charge de la récolte au niveau des points de collecte, de loin insuffisante, soulevant la colère des agriculteurs. Dans ce sillage, la situation devant les silos demeure inquiétante. Une longue attente de plus de 48 heures, des queues interminables de camions, semi-remorques, tracteurs attendant leur tour, stationnant à l’intérieur même des cités, à Siced, de Aïn Beïda, en disent long sur l’anarchie et le manque d’organisation de l’opération. Concrétiser une production record de plus de 3 millions de quintaux de céréales dans une région semi-aride comme Oum El Bouaghi n’est pas coutume. De ce fait, une situation pareille, dont les prévisions de récolte étaient connues d’avance, ne nécessite-t-elle pas un dispositif exceptionnel ? Malheureusement, ce n’est pas le cas sur le terrain où de nombreux transporteurs et agriculteurs n’ont cessé depuis le début de la campagne moissons-battages de dénoncer la lenteur de la prise en charge, le manque d’organisation, l’insuffisance des points de collecte (18 au total), et la nécessité de leur renforcement par l’ouverture d’autres dépôts et hangars pour faire face aux flux quotidiens d’importantes quantités de céréales, exposées quotidiennement aux aléas climatiques. Pis, des fellahs dénoncent énergiquement leur calvaire résultant des charges supplémentaires inhérentes au retard de la réception, notamment celles du gardiennage, des frais de mobilisation des chauffeurs et autres qui ne font qu’augmenter le coût de revient de la production. Une situation qui encourage de nombreux agriculteurs à se débarrasser de leur récolte, notamment l’orge, en l’écoulant aux éleveurs et maquignons de la région sud, nombreux en ce moment à sillonner les agglomérations de la wilaya. Cette tension sur les points de collecte va crescendo avec l’entame de la moisson du blé dur et tendre en ces journées caniculaires où les silos et lieux de stockage se retrouvent complètement saturés et la situation risque de devenir un réel casse-tête pour les responsables de l’agriculture et les coopératives de céréales et légumes secs. Pour rappel, un mouvement de protestation des agriculteurs du chef-lieu de wilaya à cause du calvaire vécu au niveau de la CCLS, localisée à la sortie est de la ville, quant à l’insuffisance de la main-d’œuvre et la contrainte de transférer des récoltes vers les wilayas voisines de Tebessa et Khenchela, a déjà eu lieu. Alors que les agriculteurs, ne sachant à quel saint se vouer devant cette nouvelle tracasserie de la livraison de leur récolte, se retrouvent face à un imbroglio concernant la recherche d’une moissonneuse-batteuse ou le moyen de livrer leur production dans les plus brefs délais à la CCLS, les responsables du secteur de l’agriculture (DSA,CCLS) se doivent de miser sur des prévisions fiables et réelles afin de s’épargner cette situation inédite due au problème de capacités de stockage et de main-d’œuvre. n