Les habitants de Mégarine ont organisé, samedi dernier, une grande marche pacifique pour réclamer la libération de l’agent de police Chouib Alouche, détenu depuis le mois de mai, durant le Ramadhan, dans l’affaire dite de « l’épouse du général » à Ouargla. Sa famille sollicite l’intervention de Gaïd Salah et du chef de la 4e Région militaire.

Organisée par la famille, soutenue par les habitants de la commune de Mégarine (170 km au nord de Ouargla) en solidarité avec l’agent de l’ordre, la marche pacifique a démarré de la place du 1er-Novembre (Sahet baba Ali), parcourant les principaux quartiers de la ville, à savoir la rue de l’Indépendance, cité Oued Righ, la place de la Poste, la place communale. Les manifestants ont scandé des slogans, et brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «On est tous Chouaib», «Drabni wabka, sbakni wachka», «liberté pour Chouaib» et d’autres encore. Ils ont crié haut et fort tout au long de la marche et sous un soleil de plomb «non à l’injustice» et affirmé leur total soutien à la police : «chaab, chorta khaoua khaoua (peuple, police, frères, frères). Un sit-in a été organisé devant le siège de la Sûreté puis devant le domicile du jeune policier. La famille a lancé un appel à toutes les parties en rapport avec l’affaire, notamment au vice-ministre de la Défense nationale, Gaïd Salah, au chef de la 4e Région militaire de Ouargla pour intervenir et leur rendre justice. Ils ont également sollicité l’intervention du wali et du directeur de la Sûreté de wilaya. Les habitants ont également appelé les commerçants et les passants à se retrouver au marché de Belabès, où s’est déroulé l’incident, pour apporter leurs témoignages sur les faits. Ils ont dénoncé le silence de la société civile et des « sages » de la wilaya de Ouargla vis-à-vis de cette affaire. Ce dossier, qui reste sombre et louche, vu qu’aucune partie ne s’est prononcée sur l’affaire, qui est restée un mystère pour la famille, mais aussi pour la population de la région qui réclame des éclaircissements de la part des institutions sécuritaires concernées.
Des policiers arrêtés et jugés pour avoir appliqué la loi
Les faits remontent à mai dernier, durant le mois de Ramadhan, lorsque l’épouse d’un général a tenté, le soir du 23 mai, de s’introduire dans le marché Belabès à bord de son véhicule, où on lui a interdit le passage. Ce marché avec ses ruelles étroites est fermé à la circulation de véhicules durant le mois sacré. Une procédure habituelle, prise chaque année par mesure de sécurité pour éviter les embouteillages et les accidents. Selon les témoignages collectés sur les lieux, l’agent de l’ordre se trouvant ce soir-là de permanence, a refusé que la voiture de l’épouse du général entre au marché. Le chauffeur n’a pas réussi à convaincre l’agent en lui rappelant qu’il s’agit bien du véhicule du général. Déterminé à appliquer l’instruction, l’agent s’est entêté. Une violente dispute a donc éclaté entre les deux. Le chauffeur de l’épouse du général a insisté et voulu forcer le passage. Selon la version des passants, le policier a été blessé et le véhicule du général a heurté un enfant (blessures légères selon les versions collectées). Entendant les cris de l’agent de l’ordre coincé, des collègues se trouvant à proximité se sont précipités vers les lieux. Les citoyens devant cette scène sont intervenus et pris le chauffeur et l’ont roué de coups, rapportent certains. Le lendemain, les trois policiers ont été arrêtés avant qu’ils ne soient transférés vers le tribunal militaire. Certains disent qu’ils ont été condamnés à trois ans, d’autres à cinq ans. Mais entre les deux versions, les familles des policiers ignorent toujours le sort de leurs proches, une affaire qui occupe l’opinion publique et qui doit être élucidée. S’agit-il vraiment d’un abus de pouvoir ou d’un dépassement d’agents de police qui ont mérité ce sort ? Nous avons appris d’une source officielle qu’un commissaire a été muté vers la wilaya de Mila à titre de sanction dans la même affaire.