C’est officiel, la séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN), consacrée à l’élection d’un nouveau président de l’institution, est fixée pour demain, mercredi.

C’est une réunion du bureau de l’Assemblée populaire nationale qui a décidé ainsi pour organiser au plus vite la succession de Mouad Bouchareb, qui avait été forcé à démissionner de son poste de président, la semaine dernière. C’est ainsi que, depuis hier 14h, les candidatures se sont déclarées ouvertes aux postulants à ce poste et seront clôturées peu avant la séance plénière de mercredi. Cette annonce a mis à nu les ambitions des députés mais également ravivé des tensions entre les deux formations majoritaires à l’Assemblée nationale, en l’occurrence le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND). Chacun des deux partis pense de son côté être le plus apte et méritoire à occuper le poste. C’est ainsi que le RND a programmé une réunion, aujourd’hui, afin de décider de la ligne à adopter lors de l’élection. Pour l’heure, un seul candidat pour succéder à Bouchareb est déclaré. Il s’agit de Mohamed Guidji, l’ancien président du groupe parlementaire et député de M’sila. Ce député, un proche d’Ouyahia, est également membre du bureau national et du Conseil national. Mais rien n’atteste qu’il restera le seul candidat du RND, nous explique-t-on, au motif que la réunion d’aujourd’hui peut faire émerger d’autres postulants pour succéder à Bouchareb. Quoi qu’il en soit «c’est le RND qui devrait prendre la présidence de l’APN», estiment des députés RND rencontrés hier à l’APN. Leur argument est : « Le FLN a 100 députés unis autour de leur direction, contrairement au RND, où le groupe parlementaire est déchiqueté ». Côté FLN, le secrétaire général du parti Mohamed Djemaï a tenu, hier, à se réunir avec le groupe de parlementaires pour donner des instructions et orientations compte tenu de la multiplicité des candidats au poste de président de l’APN. En effet, hormis les quatre candidats initialement déclarés, en l’occurrence Abdelhamid Si Affif, le président de la commission des affaires étrangères, Toufik Torch, président de la commission des finances, Abderezak Terbache, vice-président de l’Assemblée nationale, et de Boualem Bousmaha, d’autres députés FLN ont affiché, hier, leurs ambitions. Il s’agit de Saïd Djellab, ministre du Commerce, et même Mohamed Djemaï a également exprimé la possibilité de se porter candidat.

Saïd Bouhadja veut être rétabli comme le président légitime
Lors de son discours liminaire, avant de poursuivre la rencontre à huis clos, Mohamed Djemaï a mis l’accent sur la nécessité de la réunification des rangs du parti « loin de l’attachement aux postes de responsabilité ». « La conjoncture actuelle que traverse cette instance législative, marquée par de légères frictions, requiert d’œuvrer à la réunification des rangs du parti et l’ouverture des horizons devant tous les militants », a-t-il lancé, avant d’enchaîner qu’« il est insensé de lier le sort du parti à une personne quelle qu’elle soit». Par ailleurs, Saïd Bouhadja, qui se considère toujours comme le président légitime de l’APN, exprimait hier son souhait de voir le nouveau patron du FLN le rétablir dans son droit. « J’attends que Mohamed Djemaï me rende justice, car je me considère toujours comme le président légitime de l’APN, et si je dois aller en justice pour cela je le ferai », a-t-il soutenu hier. S’agissant des autres partis représentés à l’APN, il semblerait qu’aucun d’eux ne compte présenter de candidat pour l’heure.n