Le mandat intérimaire du chef de l’Etat prolongé de fait vu l’impossibilité de tenir l’élection présidentielle dans les délais prévus signe plus que jamais l’impasse politique et institutionnelle dans laquelle se trouve le pays.
Dans les faits, c’est la crise qui bénéficie d’un prolongement avec son corollaire d’incertitudes. Plus inquiétant encore est cette absence des signes de solutions pour une crise qui se corse à mesure que le temps passe.
Pourtant les intentions de dialogue n’ont pas manqué et les offres de solution continuent à être formulées par l’ensemble des acteurs politiques.
Cette profusion d’idées et de propositions n’a pas donné lieu, hélas, à des convergences, ni à des compromis entre les acteurs de la crise qui se parlent sans dialoguer.
S’il y avait tout récemment, de la part du chef de l’Etat, de nouvelles indications sur le format du dialogue à enclencher et le profil de son encadrement, force est de constater que ledit dialogue peine encore à prendre forme.
Ce n’est pas la moindre raison d’inquiétude pour la crise qui tend à générer un sentiment de lassitude, voire de résignation, alors que la quête d’une solution finit par s’imposer comme une urgence nationale.
Nul doute que le pouvoir politique, les animateurs du mouvement populaire comme les différents courants de l’opposition louent la vertu du dialogue.
Sauf que ce processus de dialogue est différemment apprécié par les acteurs qui sont censés y prendre part.
En attendant que le pouvoir politique décline l’identité du panel de personnalités indépendantes qui aura à baliser le chemin du dialogue en perspective de la présidentielle, les signes de divergences n’ont pas manqué sur la scène politique. Cette perspective de l’élection présidentielle ne fait manifestement pas unanimité au sein de la classe politique au moment où le mouvement populaire s’y oppose si l’on se réfère aux mots d’ordre des manifestations de chaque vendredi farouchement hostiles à l’organisation d’un scrutin présidentiel sous les institutions et le personnel politiques en place. Cette divergence d’approches et des options de solution risque visiblement de prolonger davantage la durée de la crise.