Djamel Belmadi, sélectionneur national, a réussi à redonner une véritable identité de jeu à l’équipe nationale en l’espace de dix mois. Pour cette Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet), les Verts ont séduit. Surtout que les résultats ont suivi. Pressing, bloc compact et variation du jeu, on a presque toute la panoplie en attendant de retrouver l’efficacité sur les coups de pieds arrêtés. On connaissait les équipes qui imposent le faux rythme. Désormais, on connaît les fausses phases.

Il fallait inventer une nouvelle appellation. Sur les 9 buts inscrits, 8 (on enlèvera le penalty de Bounedjah) étaient sur des séquences de jeu placées. Même si les Verts donnent souvent l’impression de jouer des longs ballons et les balancer. Curieusement, la longueur n’a pas produit de réalisations jusque-là. Mais elle a préparé le terrain pour permettre de faire monter le bloc adverse qui se retrouve obligé d’avancer pour contrer le jeu long et l’anticiper.
Les « Fennecs », surtout les deux défenseurs Mandi et Belamri, optent souvent pour les ouvertures lointaines sur Baghdad Boundjah qui a cette faculté à disputer les duels aériens et jouer de dos et en déviation. L’ex-pensionnaire de l’USM El-Harrach est aussi bon quand il s’agit de contrôler le ballon et le couvrir sous marquage. Une séquence qu’on voit fréquemment. Mais, en vrai, ce n’est qu’une manière d’« endormir » l’adversaire.
L’alibi
La vraie philosophie de jeu des « Fennecs » n’est pas celle-ci. Cette « manœuvre » n’est qu’un alibi qui permet de basculer soudainement dans le jeu dans l’intervalle qui a, à maintes fois, mis nos homologues à mal. Toutes les fois où les protégés de Belmadi se sont montrés dangereux, c’était quand le dernier passeur prend la profondeur ou quand le buteur part dans le dos de la défense. Jamais sur une transmission haute et à lointaine distance. Face à la Guinée, le troisième but signé Adam Ounas, sorti du bon, est l’exemple-type de ce qu’on est en train de développer dans cette analyse. Tout est parti du pressing du Napolitain, qui a empêché le défenseur guinéen de relancer tranquillement, imité par Atal monté sur le porteur du ballon pour le lui chiper et servir Marhez revenu pour apporter dans la densité dans le milieu. La suite, on la connaît. Le capitaine de l’Algérie lance le latéral dans l’intervalle. Dynamique, le Niçois va au bout de son effort pour faire un centre à ras de terre pour… Ounas qui crucifie le portier Koné. Le contre parfait. C’était une séquence d’une attaque placée exemplaire que l’EN a souvent réédité lors de ses quatre premières sorties dans ce tournoi. Jusqu’ici, ce dispositif a apporté ses fruits. Le driver d’ « El-Khadra », sait, parallèlement, qu’il reste des réglages à faire. D’autant plus que son avant-centre Bounedjah est resté muet sur les trois dernières rencontres. « Je n’ai pas trop envie de trop regarder mon adversaire. On doit travailler sur nous et essayer de s’améliorer. Régler les soucis, pour l’instant on n’en a pas eu de gros problèmes, et bien se préparer pour aller au bout », a indiqué Belmadi. La perfection, c’est ce qui pourrait mener à la consécration. Et le successeur de Rabah Madjer, tout comme ses poulains, la recherche constamment. Rassurant.