Dimanche dans la soirée juste après la qualification en quart de finale, l’ambiance était au beau fixe au stade de la défense aérienne au sein du groupe Algérie. Le résultat sans appel et la prestation des Verts auront gonflé à bloc et redonné de l’espoir à tous les Algériens.

Pourtant, face à une accrocheuse équipe guinéenne, El Khadra laissait transparaître des lacunes sur le plan physique qu’il faudrait vite colmater. La rencontre de quart de finale venant trop rapidement, Djamel Belmadi et ses préparateurs physiques auront fort à faire. Il s’agit de retaper au plus vite les organismes en prévision d’une énième bataille qui s’annonce tout aussi rude. Le public algérien, de plus en plus nombreux au Caire au fur et mesure que les résultats sont au rendez-vous, aura été comme à son habitude au rendez-vous dans cette enceinte du 30 Juin, qui a réussi à l’équipe nationale. Particulièrement visibles dans les rues du Caire, les cohortes de supporters expriment leur fierté en arborant l’emblème national et en chantant des refrains que les Egyptiens tentent tant bien que mal à décrypter. Ici au Caire l’une des villes les plus peuplées au monde en ce juillet où l’humidité a atteint des pics, la Coupe d’Afrique des nations a pris un coup avec l’élimination du pays organisateur. Pour les médias égyptiens, c’est désormais l’Algérie qui a toutes ses chances d’être champion d’Afrique. Meilleure défense et meilleure attaque depuis le début du tournoi, les Verts semblent bien partis pour réaliser un exploit en terre égyptienne. Dans la ville de Suez, sur le mythique canal, à 123 km de la capitale égyptienne d’une route dans le désert, la rencontre de quart de finale s’annonce difficile et exaltante. Un rendez-vous à ne surtout pas rater par les camarades de Guedioura. Des milliers d’Algériens seront présents avec leur soutien au stade de Suez à la capacité de 27 000 spectateurs qui vibreront irrémédiablement sous le chant de One, Two, Three, Viva l’Algérie ! et «Achaâb, yourid, Coupe d’Afrique !» (le peuple veut la Coupe d’Afrique !). En route vers Suez les barrages filtrants particulièrement strictes révèlent une tension palpable dans cette zone du pays. Pour l’Etat égyptien, le canal de Suez est une infrastructure stratégique, et les questions de sécurité semblent ici prises avec le plus grand sérieux. Suez cette ville célèbre pour sa résistance contre les agresseurs israéliens durant la guerre d’Octobre 1973 est la ville de l’équipe locale Petrojet, connu par les observateurs du football africain au niveau des clubs.

Faire partie du carré d’as
L’objectif désormais de l’équipe nationale algérienne étant de faire partie du carré d’as, ce qui ne serait que logique au vu des différentes prestations des Verts depuis le début d’une compétition à rebondissement. La 32 édition de la CAN maintient néanmoins sa magie malgré des stades relativement dégarnis. Les Egyptiens davantage préoccupés par un quotidien social difficile n’étaient pas déjà emballés par cette compétition de football organisée promptement par leur pays dans une conjoncture instable. Après la chute de l’Egypte, c’est désormais l’Algérie qui a les faveurs de l’Egyptien de la rue, ici le panarabisme n’est pas encore un vain mot, et les tensions liées à la Coupe du monde 2010 ne sont qu’un lointain souvenir, «El gazayer hya amalna !» (L’Algérie c’est notre seul espoir) dans cette compétition, ressassent-on à l’envie. Seule la presse écrite au ton ultra-nationaliste semble éviter de s’enflammer pour «la meilleure équipe sur le terrain », dans cette CAN de l’avis de tous les observateurs ici au Caire. Dès la déclinaison de son identité, l’Algérien est assailli de superlatifs à propos d’une formation qui développe un bon jeu et séduit par sa discipline tactique.
L’amertume liée à la défection de l’équipe d’Egypte rajoute à cette propension systématique des Egyptiens à la comparaison. Jeudi prochain à Suez, l’Algérie, face à son destin, jouera l’un des plus importants quarts de final de son histoire récente pour faire partie du carré d’or. Un quart de finale de CAN qui pourrait lui ouvrir la porte du paradis.n