La tenue samedi de la conférence nationale de dialogue à l’initiative des formations politiques regroupées au sein des «Forces du changement» a d’ores et déjà l’utilité d’avoir décliné les postures en présence dans le champ politique.
Le rendez-vous a sonné plus que jamais le clivage quant aux solutions de sortie de crise émises par deux pôles de l’opposition politique bien que ses initiateurs promettent un élargissement du cadre de dialogue avec l’espoir d’aboutir à des points de convergence.
Au-delà de la divergence visible dans le discours politique des uns et des autres sur le constat de crise, les deux camps semblent diamétralement opposés sur la démarche à suivre pour pouvoir aboutir à une solution à la crise politique et institutionnelle que traverse le pays depuis plus de quatre mois.
Cette fracture gagne ainsi en épaisseur à mesure que la quête de solution et les démarches mises à appréciation inscrivent à l’ordre du jour le scrutin présidentiel.
L’organisation de ce rendez-vous électoral tel que prévu par la feuille de route du pouvoir politique sur fond d’attachement à l’ordre constitutionnel et réitéré par le chef de l’Etat à l’occasion de la célébration de l’Indépendance du pays ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique.
Et si les divergences étaient absorbées par l’ampleur du mouvement populaire et le rythme qu’il avait imposé depuis son irruption à l’ensemble de la classe politique, Force est de constater que des positions ont bel et bien évolué jusqu’à renvoyer l’image bipolaire de l’échiquier politique.
Pour preuve, les «Forces du changement» consacrent, dans leur plate-forme, un chapitre aux «mécanismes de préparation de l’opération électorale», alors que les «Forces de l’alternative démocratique» jugent que «l’organisation d’une élection présidentielle dans le cadre du système actuel ne servira que sa régénération».
Les approches sont ainsi inconciliables comme l’atteste l’absence des partis de l’opposition démocratique au Forum des «Forces du changement» dans ce qui peut augurer des batailles politiques très animées sur fond d’harmonie ou de déphasage avec les revendications du mouvement populaire.