Les observateurs sont désormais unanimes, cette CAN version 2019 est particulièrement ouverte. Le très probable heureux futur champion de cette édition a du mal à émerger de façon ostentatoire. Pas encore du moins en cette fin de premier tour. Il n’y a pas de dominateur qui surclasse les autres. L’Egypte n’étant pas n’importe quel pays organisateur, avec son grand public, chaud et chauvin, dont l’apport n’est pas négligeable, la prétention d’être encore une fois roi d’Afrique reste légitime. Recordman absolu des victoires, un autre scénario autre que la consécration le 19 juillet prochain n’est même pas envisageable. Sauf que l’équipe d’Egypte actuelle peine à convaincre. Productrice, malgré deux victoires consécutives, d’un jeu timoré et manquant cruellement d’imagination, la sélection égyptienne semble en deçà de la qualité de ses prédécesseurs. L’inquiétude affichée des Egyptiens confirme cette réalité. Même la super star de la premier League Mo Salah n’arrive toujours pas, pour l’heure, à imposer une domination qui pourrait rassurer ses nombreux fans. Les médias locaux sont très critiques envers une barre technique considérée comme faible. L’on reproche au Mexicain Javier Aguirre de ne pas avoir la poigne d’un Chehata ou d’un Al Gohri. C’est justement cette Egypte prenable qui aiguise les appétits. L’Algérie, le Maroc, le Sénégal ou le Mali pourrait bien créer la sensation dans une compétition logiquement prédestinée à l’Egypte. A partir du second tour et les rencontres à éliminations directes tous les scénarios seront possibles. Sur 90 minutes, l’histoire de la CAN nous l’a souvent montré, tout peut arriver. Avec l’entrée en vigueur de l’arbitrage par vidéo assistance dès les quarts de finale, la tension devrait monter d’un cran. L’un des charmes de cette CAN, c’est justement de savoir que tout reste réalisable, qu’un exploit est toujours possible, même en terrain pouvant devenir rapidement hostile. Malgré les limites affichées de sa sélection actuelle, le pays organisateur reste une terre de football. L’une des solutions pour décrocher le fameux trophée ? Ne pas rencontrer l’Egypte en finale. Ou mieux, ne pas la rencontrer du tout.