Plusieurs affaires de corruption et de concussion, liées notamment au foncier, ont été traitées la semaine passée par les différentes juridictions de Tlemcen.

Dans ce cadre, le juge d’instruction du Tribunal de Bab El-Assa a placé en détention provisoire le vice-P/APC de Marsa Ben M’hidi, le conservateur foncier de Ghazaouet, un individu originaire de Souahlia et un agent administratif chargé des affaires du foncier au niveau de cette commune frontalière pour détournements du foncier du domaine public, abus de pouvoir, faux et usage de faux et escroquerie. Le même sort a été réservé au gérant du complexe de montage de tracteurs de Maghnia, relevant de la société d’agro-industrie du groupe Kherbouche et Same Deutz-Fahr, implantés sur le site de l’ancienne Sogedia -ce complexe avait été inauguré par… le ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui à l’occasion de sa visite de travail effectuée à Tlemcen en décembre 2015. L’opérateur en question, qui a été entendu par le magistrat instructeur près le Tribunal de Ghazaouet, était poursuivi pour pratiques douanières frauduleuses. Dans ce sillage, ce sont pas moins de 15 cadres de l’Entreprise de gestion touristique de Tlemcen (EGTT) qui ont été présentés par la BEF par devant le Parquet et le magistrat instructeur près le Tribunal de première instance Tlemcen. Il s’agit du directeur général de l’EGT, l’actuel et l’ex-directeur régional de l’EGTT de Tlemcen, les directeurs des deux hôtels « El Forsane » (Saïda) et « La Tafna » (Maghnia), le directeur chargé du contrôle et de l’exploitation, l’ex-président du comité des marchés de l’EGTT, des chefs des services commerciaux, le comptable et le contrôleur financier de l’EGTT, ainsi que plusieurs autres personnes qui ont bénéficié d’indus privilèges en matière de prise en charge (hébergement et restauration à titre gracieux). Les mis en cause devraient répondre de plusieurs chefs d’inculpation dont détournements de deniers publics, malversations financières, surfacturations et non-respect du code des marchés publics. Sur le même registre, plusieurs cadres de la Sonelgaz-SDC de la wilaya de Tlemcen ont été déférés devant le Parquet de Tlemcen. Ils sont accusés de non-respect du code des marchés, favoritisme et malversations financières. Il s’agit du président de la commission des marchés et des cadres de cette entreprise publique, en plus de deux cadres de la Cnas et la Casnos. Selon les informations proches du dossier d’accusation, il leur est reproché l’attribution de marchés douteux à 7 entreprises ciblées et privilégiées, spécialisées dans le raccordement en gaz de ville.
Les faits ont éclaté au courant de l’année 2014 avec la disparition ou le vol d’un équipement très sensible et onéreux appartenant à la Sonelgaz-SDC, en l’occurrence un scanner destiné à tester la fiabilité et la viabilité des raccordements au titre de la sécurité. Naftal n’a pas été épargnée par le syndrome de la corruption puisque 14 personnes, des fonctionnaires de la direction de l’administration locale, des employés et ceux de l’entreprise Seror, ont été mise sous mandat de dépôt par le Parquet de Tlemcen pour faux et usage de faux et utilisation de cachets humides non valables, dans une affaire de détournement de carnets de bons de carburant. D’autres enquêtes judiciaires sont en cours au niveau de la BEF auprès de la police judiciaire de la Sûreté de Tlemcen. Il s’agit de passation de marchés douteux dans laquelle serait impliqué le P/APC de Tlemcen, entendu par le Parquet dans le cadre de cette affaire, d’usurpation du foncier par un ex-député FLN à Sebdou, d’atteinte au foncier de l’Etat et transaction spéculative à Honaïne, de contrats fictifs et de facturations sujettes à caution mettant en cause une société nationale de distribution de produits pharmaceutiques, le déterrement d’une affaire de crime de sang classée, dite du « bar des cascades » (El Ourit), dans laquelle seraient impliqués des gendarmes racketteurs… A noter que la conférence de presse qu’avait promis de donner le wali au sujet du dossier brûlant du foncier n’a pas eu lieu.
Il faut signaler qu’à la faveur du Hirak, des membres de la société civile, parmi eux des activistes de la LAADH, ont observé, il y a quelques jours, un sit-in devant la Cour de justice de Tlemcen à Imama (Mansourah) pour réclamer une opération mains propres tous azimuts et une campagne anti-corruption inexorable, notamment dans le domaine du foncier où deux directeurs auraient été entendus par le Parquet de Tlemcen).