Le Front des forces socialistes (FFS) considère qu’une volonté politique sérieuse de la part du pouvoir en adéquation avec les revendications du mouvement populaire est plus que nécessaire pour envisager une sortie de la crise politique que traverse le pays depuis plus de quatre mois.
Pour le vieux parti de l’opposition, signataire mercredi passé avec six autres formations politiques et la LADDH d’un «pacte politique pour une véritable transition démocratique», il ne fait point de doute que la balle «est dans le camp du pouvoir».
C’est les deux messages livrés par le premier secrétaire du FFS, Hakim Belahcel, qui a indiqué, dans un entretien à l’APS, qu’en l’absence d’une «volonté politique sérieuse du pouvoir à collaborer dans le sens logique de cette formidable révolution populaire, toutes les initiatives politiques seront vouées à l’échec». Sur la question du dialogue,
M. Belahcel a estimé que celui «proposé par les tenants du pouvoir réel ne prend en aucun cas en considération les aspirations et les attentes légitimes du peuple algérien qui s’est révolté depuis le 22 février dernier afin de mettre fin au régime liberticide et totalitaire à l’origine de la crise multiforme qui mine l’avenir du pays sur tous les plans».
Le responsable du FFS déplore l’insistance de l’état-major de l’Armée à aller vers une élection présidentielle, constatant que «c’est exclusivement autour de cette vision-là que le pouvoir a lancé un appel au dialogue».
Il a expliqué que le FFS a rejeté cette offre de dialogue émanant de l’ANP «car elle est réfractaire aux revendications populaires légitimes» et «empêche et obstrue le vrai débat qui doit se faire autour de la situation politique du pays et des issues adéquates pour sortir de cette impasse et la dépasser».
S’agissant de l’attachement du pouvoir à la solution constitutionnelle, il dira que «la gravité et la spécificité de la situation politique supposent d’autres formes de traitement et d’approche que celle d’ordre constitutionnel prônée par le pouvoir».
Il s’agit «avant tout d’une crise de légitimité et de confiance qui nécessite des solutions loin de toutes manœuvres visant à organiser une alternance au sein du même régime», a soutenu le premier secrétaire du FFS.
Ce dernier est revenu, par ailleurs, sur la rencontre des forces démocratiques en mettant en évidence le contenu du pacte signé à l’issue de la réunion qui évoque «des préalables d’apaisement pour asseoir un véritable climat de dialogue et de négociation» et «a tracé les contours et les modalités de la transition démocratique, conformément aux aspirations populaires».
Il a expliqué que cette initiative «n’est qu’à ses débuts et nécessite l’adhésion ainsi que le concours d’autres forces démocratiques», et qu’elle constitue «une réelle chance pour l’Algérie». M. Belahcel a indiqué que la réunion «a tenu compte de la particularité de la crise politique actuelle», insistant sur les préalables suggérés par les participants, à savoir
«la libération immédiate de tous les détenus politiques et d’opinion, la libération du champ politique et médiatique, l’arrêt immédiat des harcèlements judicaires et autres menaces contre les divers acteurs… »
Pour ce qui est de l’étape prochaine de cette initiative, il dira que «tout sera mis en œuvre pour faire bouger les lignes et faire avancer les choses dans le bon sens», non sans rappeler que c’est le fruit d’une «campagne de discussions et d’échanges de grande envergure lancée depuis plus de trois mois et pour laquelle plusieurs partis politiques, organisations ainsi que des personnalités nationales ont été approchés et consultés».