Au lendemain de la rencontre ayant réuni les différentes dynamiques de la société civile qui, pour rappel, ont présenté leur feuille de route consensuelle pour la sortie de crise, le 15 juin dernier, avec les forces de l’alternative démocratique, le 27 juin dernier, Abdelouahab Fersaoui, représentant du Collectif des dynamiques de la société civile pour une transition démocratique et pacifique, a qualifié la rencontre d’«extrêmement positive», et appelé à la multiplication de telles initiatives pour encourager le débat.
«La rencontre a été extrêmement positive, car elle nous a donné l’occasion d’échanger nos visions sur le mouvement, la nécessité d’être en phase totale avec les revendications du peuple, mais aussi celle d’aller vers une véritable période de transition. Comme je l’ai déjà dit, la conférence nationale de la société civile n’est qu’une étape dans un large processus de consultation et de débats. D’autres rencontres doivent avoir lieu et cela pour capitaliser l’ensemble de nos efforts et créer un réel rapport de force avec le pouvoir en place», a-t-il déclaré. Quant à la suite à donner à la conférence nationale de la société civile, lors de laquelle a été dévoilée la feuille de route consensuelle de près de 71 organisations, Fersaoui a indiqué qu’il est plus que primordial d’aller vers d’autres organisations de la société civile et d’autres partis politiques qui s’inscrivent dans la même vision, à savoir une rupture totale avec le système. «Depuis le 15 juin, nous avons été contactés par de nombreuses organisations qui ont voulu intégrer notre action. Les portes sont ouvertes à tous ceux qui n’ont pas été impliqués dans l’ancien système», a-t-il souligné. Pour Meziane Meriane, représentant de la Confédération des syndicats algériens, du chemin reste à faire par la société civile si cette dernière veut réaliser ses objectifs. « Personnellement, je n’ai pas pris part à cette rencontre, qui a eu lieu le 27 juin, mais j’estime que nous ne devons pas trop nous écarter de notre objectif principal qui est de réunir tout le monde sans exception. Les circonstances nous obligent à impliquer l’ensemble des partis politiques et non pas d’aller vers une division dans les partis politiques. Même si nous avons des points de convergences, il est de notre devoir d’aller vers l’ensemble des organisations pour essayer de trouver un consensus. Nous avons déjà prouvé que trouver un terrain d’entente n’est pas impossible, preuve en est la feuille de route consensuelle du 15 juin dernier », a-t-il indiqué.
Quant à l’attitude du pouvoir qui s’obstine à vouloir prendre la voie constitutionnelle en dépit des revendications du peuple, les deux interlocuteurs ont indiqué que la mobilisation des citoyens doit être maintenue et cela malgré la répression et les intimidations. «Aujourd’hui, plus que jamais, la mobilisation est nécessaire. En plus des vendredis, les citoyens doivent occuper constamment la rue», a indiqué Abdelouahab Fersaoui. Un avis partagé par Meziane Meriane pour qui, «face à l’entêtement du pouvoir et à son passage à l’offensive avec la série d’arrestations arbitraires, le peuple doit se montrer non seulement vigilant, mais aussi constamment présent sur le terrain pour montrer que le mouvement populaire est loin de s’essouffler. Bien au contraire, les dernières provocations du pouvoir lui ont permis de se régénérer».