Le bureau politique du parti Talaie El Hourriyet a réagi, hier, à la vague d’arrestations et de mises en détention préventive des manifestants du mouvement populaire pour le changement, notamment ceux qui, depuis les vendredis consécutifs, ont été emprisonnés pour port de l’étendard amazigh. Il estime que « l’adoption de mesures d’apaisement, notamment en matière de libertés publiques et individuelles, sera de nature à créer un climat favorable à l’ouverture et au déroulement d’un dialogue sincère et apaisé pour une sortie de crise».

Le BP du parti d’Ali Benflis considère également que « la libération des détenus condamnés pour avoir dénoncé le pouvoir autoritaire sous le règne du Président déchu, notamment contre les velléités d’un cinquième mandat, et ceux interpelés lors des dernières marches populaires, constituera, assurément, un facteur d’apaisement». Il estime, aussi, que «la levée des contraintes sur la presse, toutes formes d’expression confondues, est une autre exigence pour un climat apais», «la liberté de la presse étant un vecteur d’accompagnement important des aspirations populaires comme l’est, d’ailleurs l’indépendance de la justice ». En ce qui concerne la chasse donnée aux manifestants porteurs de l’emblème amazigh, la direction politique de Talaïe El Hourriyet affirme que ce qu’il y a à retenir depuis le début du mouvement populaire pour le changement, c’est son mot d’ordre unitaire. «Derrière ce mot d’ordre d’unité nationale se profile la juste distinction qui ne souffre d’aucune ambiguïté entre l’emblème national, symbole de la souveraineté nationale, chèrement acquise, emblème de l’Etat national dans lequel se reconnaissent tous les Algériens, et la bannière amazighe qui trouve sa place dans nos racines, notre Histoire et notre identité nationale », affirme-t-elle dans un communiqué publié hier à l’issue d’une réunion ordinaire. Par rapport à la « rencontre nationale du dialogue » du 6 juillet prochain et à laquelle Talaïe El Hourriyet est partie prenante, son BP « exprime le souhait de voir cette rencontre sortir avec une proposition de plateforme consensuelle pour une sortie de crise». Il réaffirme la position du parti et son choix d’une élection présidentielle sans le gouvernement Bedoui dont il critique le manque de visibilité et l’absence de toute efficacité sur le terrain. «L’élection d’un président de la République dans les meilleurs délais possibles, dans des conditions de régularité et de transparence incontestables est la voie la plus démocratique, la plus sûre, la plus courte et la moins onéreuse pour notre pays aux plans sécuritaire, politique, économique et social», rappelle-t-il. Sur la situation économique, Talaie El Hourriyet relève « avec inquiétude la dégradation continue de l’économie nationale significative dans la détérioration des indicateurs macroéconomiques pour le premier semestre 2019 et les sombres projections pour l’ensemble de l’année ». « Le manque de visibilité politique qui se traduit par le ralentissement de l’activité économique et la baisse de la commande publique du fait de la chute des cours du pétrole après avoir connu un redressement relatif au début de l’année, font craindre une croissance quasiment nulle pour l’année 2019 et un exercice particulièrement difficile pour 2020 ».<