Alors que les partis politiques des Forces de l’alternative démocratique ne croient pas à un dialogue sans des mesures d’apaisement de la part du pouvoir, des partis du courant islamiste semblent plus que jamais favorables à un processus de dialogue devant déboucher sur une solution à la crise politique que vit le pays.
C’est manifestement le cas du MSP et d’El Islah qui invitent la classe politique à transcender ses divergences et ouvrir une possibilité de solution à une crise qui dure depuis plus de quatre mois.
«Le dialogue est la seule issue pour parvenir à une solution consensuelle susceptible d’aboutir à la satisfaction des revendications du Hirak », a soutenu, hier à Médéa, le dirigeant du mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelmadjid Menasra.
Pour ce dernier, la classe politique «est appelée aujourd’hui à s’assoir autour d’une table et essayer de dégager une solution consensuelle en mesure de répondre aux principales revendications exprimées par le Hirak, depuis le 22 février passé ».
Le dirigeant du MSP a ainsi mis la classe politique devant ses « responsabilité historiques » car appelée à « démontrer qu’elle est apte à mettre à l’écart ses divergences et à s’impliquer dans la recherche d’une solution qui puisse satisfaire les revendications du peuple et sortir le pays de sa crise actuelle ».
Sur sa lancée, il dira que « si le peuple a déjà exprimé ses revendications, c’est désormais aux politiques de trouver la réponse à ses aspirations et attentes ».
A propos de la conférence des formations politiques regroupées au sein des « forces du changement » prévue début juillet, M. Menasra n’a pas caché son « optimisme » quant aux résultats devant sanctionner ce rendez-vous.
Le MSP aspire « un large consensus» entre les participants sur les questions qui seront abordées à cette occasion notamment celle qui seront validées dans la feuille de route de sortie de crise.
« Cette conférence va mettre le pouvoir devant ses responsabilités et évitera toute tentative de gagner du temps », a-t-il dit réitérant la position du MSP qui a constamment évoqué « l’impératif d’associer l’armée nationale populaire (ANP) dans l’accompagnement du passage vers un système démocratique consacrant la « légitimité populaire constitutionnelle ».
La même position est soutenue par le Mouvement El Islah parlant, lui aussi, de l’impératif d’aller en urgence vers le dialogue pour débattre des voies de sortie de la crise actuelle que traverse le pays avec l’implication des différents acteurs de la scène nationale.
Son président Filali Ghouini a mis l’accent sur « l’urgence d’aller vers les assises de dialogue et de concertation pour débattre des voies de sortie de la crise actuelle que traverse le pays», estimant que ce dialogue doit rassembler les différents acteurs de la scène nationale ainsi que les représentants et les initiatives issues du Hirak .
M. Ghouini, El Islah s’il rejette toute exclusion ou marginalisation pouvant entraver de nouveau le parcours du Mouvement, s’est attaqué aux partisans d’une période de transition.
Il a, dans ce sens, mis à l’index «certaines parties agissant hors de la légitimité constitutionnelle, dissimulées sous le couvert de la période de transition, qui œuvrent malheureusement à limiter toute la scène politique et l’ensemble des acteurs du pays uniquement à leurs entités». Réaffirmant l’opposition de son mouvement à tout processus «aux conséquences incertaines»,
M. Ghouini a défendu, une nouvelle fois, l’option de la solution constitutionnelle, appelant à «l’élaboration urgente de la loi organique sur l’autorité nationale chargée de l’organisation et de la surveillance des élections ». Pour lui, il s’agit d’un outil nécessaire pour pouvoir organiser l’élection présidentielle dans les meilleurs délais.n