Le football n’est pas une question d’individualités ou de qualités intrinsèques mais de collectif et de complémentarité. L’équipe nationale « version Djamel Belmadi » est en train de le prouver. Avec un Guédioura, dont la présence parmi les 23 avait intrigué les sceptiques, Feghouli qui revient de loin et l’inexpérimenté Bennacer, le milieu de terrain des « Verts » a fait fort pour le début de la Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet) en Egypte. Pour preuve, c’est un gars de ce secteur qui a été élu deux fois « homme de match » pour autant de victoires. Décryptage. Oubliez les attaquants. Pour tout dispositif tactique fiable, il faut mettre en évidence le secteur névralgique qu’est l’entre-jeu. Même si l’EN a marqué 3 buts en 2 sorties dans le tournoi africain et que la défense n’a pas encaissé le moindre but, le meilleur joueur de la rencontre face au Kenya (2/0) et le Sénégal (1/0) aura été un milieu de terrain : Ismaël Bennacer en l’occurrence. Une juste récompense. Pas pour le sociétaire d’Emploi (Serie A/Italie) uniquement mais le trio qu’il compose avec Guédioura et Feghouli.
Oui ! Belmadi, driver des « Verts », a fait des choix forts que beaucoup trouveraient incohérents. L’incident avec le milieu de terrain Haris Belkebla, son renvoi et -surtout- son remplacement par un attaquant (Andy Delort) laissaient déjà croire que le coach des « Fennecs » avait déjà des idées claires. Qu’il privilégie l’entité. Si le jeune Bennacer (21 ans) a été époustouflant, Il y a eu Guedioura qui a considérablement haussé son rendement. Surtout sur le plan du soutien pour la défense et l’impact dans les interventions. De son coté, Feghouli met de l’intensité et varie les déplacements. Tantôt dans la largeur et parfois en profondeur quand il demande des balles dans l’intervalle. Il était d’ailleurs le passeur pour Belaïli auteur de l’unique but contre les « Lions de la Téranga ».

Le pari Guédioura
En tout cas, Belmadi est revenu sur les prestations de Guédioura spécialement : « Adlène est un joueur qui a été pas mal critiqué ; quand on a donné les 23, on a eu un challenge ensemble, celui de montrer à tout le monde que ce n’était pas une erreur. Il nous a montré à quel point il est important dans notre système, notre organisation. Donc, grosses félicitations à Adlane en particulier», a-t-il indiqué. Mieux encore, début juin dernier, quand il a fait la conférence de presse pour parler des 23 sélectionnés, il avait assuré être convaincu du choix de Guédioura. « Ce n’est pas un choix par défaut, il a les caractéristiques qu’il faut.» Quand on vous dit que le successeur de Rabah Madjer avait déjà élaboré ses plans préalablement… Le pensionnaire de Nottingham Forest (Championship/Angleterre) a été préféré à Mehdi Abeid (Dijon FCO/Ffrance), son remplaçant naturel au poste même si le Dijonnais a joué plus souvent cette année (2106 contre 1805 minutes). L’expérience de Guédioura (5e CAN)a pesé dans le choix. Tout comme sa prédisposition à aller au combat. Et même s’il n’est pas bon relanceur, ce n’est pas vraiment un problème puisque Belamri et Mandi essayent souvent de chercher Bounedjah dans le dos de la défense sur jeu long (parfois l’équipe en abuse). Aussi, Feghouli et Bennacer descendent parfois plus bas pour faire monter les ballons. Surtout le premier-nommé qui a le profil de box to box par excellence. En tout cas, depuis le départ en retraite de Medhi Lacen, on n’a pas vu le cœur du jeu d’ « El-Khadra » être aussi dense et mettre le volume requis pour les matchs de haut niveau. Mais là, il faut noter qu’il a fallu trois éléments pour remédier à un départ en retraite qui a fait très mal puisque le « Club Algérie » a été orphelin d’un Lacen qui faisait un abattage anonyme.