Mohamed Djemaï, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), dénonce les appels à la dissolution du FLN. Intervenant, hier, à l’occasion d’une réunion avec les mouhafadh de son parti, au siège national à Hydra (Alger), Djemaï a déclaré, à ce propos, que «ceux qui visent le FLN veulent une rupture avec l’histoire». «Il existe une violence politique de la part de partenaires et concurrents politiques qui veulent effacer le FLN.

Nous leur disons que nous avons entendu la voix du peuple. Nous le laisserons décider et toute décision sera accueillie avec satisfaction», a-t-il ajouté. S’exprimant, par ailleurs, à propos de la rencontre des forces du changement, prévue le 6 juillet prochain, il a indiqué que «jusqu’à l’heure actuelle, nous n’avons pas reçu d’invitation», soulignant que «ce qui intéresse essentiellement le FLN est avant tout une conjugaison des efforts pour trouver une sortie de crise au pays».
Tout en expliquant que le FLN soutient toutes les démarches de l’opposition en faveur du dialogue et de la concertation pour trouver de véritables solutions à la crise, Djemaï n’arrive, cependant, toujours pas à comprendre les raisons qui font que l’opposition a décidé de l’écarter de la conférence nationale pour la sortie de crise politique. «Le FLN est le parti de la majorité, c’est le parti le mieux et le plus structuré d’Algérie. Certains pensent qu’en mettant de côté le FLN, ils peuvent avoir des acquis. Ils lancent des slogans et véhicules des contre-vérités comme quand ils disent que c’est le FLN qui est responsable de la situation douloureuse des années 1990», a-t-il déploré et «certains exploitent le mouvement populaire du 22 février pour faire passer le FLN pour un ennemi du peuple et inciter à ce qu’il soit chassé des manifestations de rue».
Mettant sur un pied d’égalité les pourfendeurs du FLN et ceux qui l’excluent des rencontres de dialogue et de concertation, Djemaï fera observer que «le FLN lui-même peut prendre des initiatives». Et pour cause, selon lui, son parti s’inscrit désormais dans le cadre de «la nouvelle dynamique engagée par le mouvement populaire à travers laquelle il tend à devenir un élément attractif pour les catégories agissantes dans la société». A ce propos, Djemaï a affirmé que c’est grâce à ce mouvement que le parti «a recouvré sa légitimité et son indépendance». La jeunesse algérienne «consciente et instruite traduit son amour pour la patrie par son Hirak pacifique et civilisationnel et par ses revendications légitimes pour la construction d’une Algérie nouvelle, fidèle aux principes de Novembre», a-t-il ajouté. Interrogé sur la possibilité d’un jugement du président Bouteflika, Djemaï a indiqué qu’ « il faut laisser la justice faire son travail en toute liberté et indépendance. Que la justice auditionne et convoque qui elle veut, l’essentiel pour nous est de préserver un des acquis du mouvement populaire, en l’occurrence l’indépendance de la justice ». Questionné à propos de l’ONM, qui a appelé à faire le distingo entre le FLN historique et le parti du FLN, il considère qu’il s’agit de « l’œuvre de quelques personnes et avec tout le respect que je dois à l’ONM ». D’autre part, Mohamed Djemaï a réitéré le soutien de sa formation politique à l’Armée nationale populaire (ANP), soulignant que «ce soutien procède de notre conviction qu’elle s’est positionnée aux côtés du peuple et de ses revendications légitimes». Et d’ajouter que son parti et l’ANP s’accordent sur le fait que «l’unique solution est l’organisation de la présidentielle dans le cadre constitutionnel et dans les meilleurs délais».