Jeudi dernier, l’Ordre des avocats de Bouira a lancé un appel «à la libération immédiate» des personnes placées en détention provisoire après avoir été interpellées pour avoir brandi l’étendard amazigh durant la marche du 21 juin dernier. Ces manifestants ont été placés sous mandat de dépôt pour «outrage à corps constitué» et «atteinte à l’unité nationale». Des charges qui ont «indigné» les avocats ainsi que des groupes de défense des libertés, dont le réseau de lutte contre la répression, pour la libération des détenus d’opinion et pour les libertés démocratiques, le collectif Tilleli, la Laddh et d’autres organisations. L’Ordre des avocats de Bouira réaffirme, dans son appel, sa «pleine adhésion» au mouvement populaire pour le changement, et réitère son «engagement et sa disponibilité» à défendre devant toutes les juridictions d’Algérie, tribunaux et Cours les détenus d’opinion. L’Ordre «dénonce et condamne fermement les répressions qui visent les porteurs des symboles de l’identité berbère, que ce soit lors des marches populaires ou dans leur vie privée», joignant ainsi sa voix à celle de ses collègues de Béjaïa et de Tizi Ouzou, qui refusent que l’identité algérienne, consacrée dans le préambule et l’article 04 de la Constitution fasse l’objet d’un «reniement», réaffirmant que l’unité nationale n’a jamais été touchée par le port de symboles culturels et identitaires de l’Algérie. Selon des sources crédibles, la comparution des personnes en détention préventive pour port de drapeau berbère est programmée pour dimanche 7 juillet. En perspective de cette date, la mobilisation pour leur libération ne faiblit pas. Un appel a été lancé pour l’organisation d’un rassemblement de protestation et de solidarité, le dimanche 30 juin, devant le Tribunal d’Akbou (Béjaïa). D’autres initiatives pour «l’arrêt de toutes les procédures engagées» contre les détenus sont par ailleurs signalées à Alger et dans d’autres régions du pays.