Par Meriem Kaci et correspondants

Pour le 19vendredi du mouvement populaire pour le changement, les Algériens sont sortis aux quatre coins du pays pour réaffirmer leur attachement au départ du système et à l’avènement d’une gouvernance nouvelle. Partout, l’ambiance a été à la détermination et à la défense des constituants identitaires de l’Algérie. 

V19 à Alger (réalisation Salim KOUDIL/ »Reporters »)

A Sidi Bel Abbès, les manifestants étaient moins nombreux, mais toujours motivés. Ils sont sortis sous un soleil de plomb pour réclamer comme à l’accoutumée le départ du système en place. Hommes et femmes ont d’ailleurs suivi l’itinéraire habituel, en déferlant de la place du 1er-Novembre jusqu’au boulevard de la Macta et la route de Mascara. Un trajet le long duquel le tandem Bedoui-Bensalah a eu son lot de slogans hostiles. Les manifestants n’ont pas omis d’apostropher la personne du chef de l’état-major Gaïd Salah, qui a eu recours, selon eux, à un plan pernicieux visant à semer la zizanie et le régionalisme entre les enfants du pays. Ils scandaient « Oui à un Etat civil ! Non à un Etat militaire », ou encore « Arabophones, Kabylophones, on est frères ».

Tlemcen/L’esprit de la CAN plane sur la marche

A Tlemcen, l’esprit de la CAN et la qualification des Verts pour les huitièmes de finale, après deux victoires consécutives, ont plané sur le 19e vendredi de la marche populaire. Ceux-là qui, après avoir fêté la victoire des Verts en scandant le fameux « One, two, three, viva l’Algérie ! », sont passés par la suite à la déclamation des objectifs du Hirak. Le cortège des manifestants s’est ébranlé de la place Emir Abdelkader (Blass) jusqu’au siège de la wilaya (boulevard Pasteur), via la trémie de Bab Wahrane, avant de retourner à nouveau au lieu du rassemblement. Les marcheurs ont crié leur colère contre l’interdiction de l’exhibition du drapeau berbère énoncé par le chef d’état-major. « Oh état-major ! les Berbères ne sont pas nos ennemis » ou encore « Silmiya, hadriya ! ». Le hirak n’a pas manqué de dénoncer la mafia du foncier qui, pendant le règne de Bouteflika, a bénéficié de concessions de terres surplombant la mer, grâce au favoritisme et privilèges indus.

Mila dit non à la zizanie

Le statu quo dans lequel a sombré le pays depuis l’enclenchement du mouvement populaire le 22 février dernier n’a pas dissuadé les riverains de Mila de descendre dans la rue pour manifester à nouveau leur rejet du système en place et la feuille de route que veut imposer le chef d’état-major, consistant dans la solution constitutionnelle, contrairement à ce que prône le peuple. D’ailleurs, les manifestants ont hissé des pancartes sur lesquelles était inscrit en arabe algérien, « Oui à un Etat civil, non à un Etat militaire », « Oui à la transition » alors que « Nous, on milite pour la liberté, et d’autres militent pour l’esclavagisme », « Non au retour du système de la içaba » ont retenti pendant la marche.

EL TARF rejette l’offre « constitutionnelle » 

A El Tarf, les marcheurs ont rejeté l’offre « constitutionnelle » de Gaïd Salah et les figures de l’ancien régime qui ont dilapidé l’argent public. Plus nombreux que les derniers vendredis, les manifestants étaient au rendez-vous pour exiger un changement radical du système politique. Sous un soleil torride et une humidité étouffante, les manifestants ayant convergé dans la ville d’El Tarf ont demandé le départ des trois B, ainsi que l’application des articles 7 et 8 de la Constitution en scandant des slogans hostiles au pouvoir en place et en réclamant une justice sociale équitable. « Bedoui, Bensalah démissionnez », « Pas d’élection sous Bedoui », « Gaïd qu’attendez-vous pour appliquer les articles 7 et 8, le peuple exige une transition conduite par des hommes propres, intègres et sérieux qui ne se sont pas souillés sous l’ère Bouteflika ». Les manifestants ont également demandé de préserver l’unité nationale et ne pas tomber dans le piège de « diversion » tendue par le pouvoir en place pour diviser le Hirak.

Tizi-Ouzou/Drapeau berbère en force et… détermination de faire déchoir le régime en place

Pour le 19e vendredi consécutif, Tizi Ouzou s’est massivement mobilisée. Des milliers de manifestants ont, en effet, scandé en chœur qu’ils n’arrêteront pas de marcher jusqu’à ce que le système en place parte, ainsi que la satisfaction des aspirations de la révolution populaire. « Le peuple veut la chute du pouvoir militaire », « Non à un Etat militaire, oui pour un Etat civil », clament les marcheurs qui ont longuement brocardé Gaïd Salah dont ils ont désavoué l’action et le discours. « Ni dialogue ni consultation, le départ (du système) obligatoire » scande la rue qui s’est exprimée contre les élections et pour une période de transition. Les marcheurs ont demandé la libération des détenus d’opinion et ont à nouveau défié Gaïd Salah qui a mis en garde contre l’exhibition du drapeau berbère. Cet étendard, auquel sont attachés les habitants de Tizi-Ouzou et qu’ils brandissent fièrement, était présent en force.

BOUMERDES/Intervention musclée contre les porteurs du drapeau berbère

A Boumerdès, ils étaient des milliers à sortir pour réitérer leur détermination à poursuivre la protestation jusqu’au départ total du système politique en place ainsi que les hommes qui l’incarnent. Bravant la canicule, les manifestants ont clamé haut et fort des slogans hostiles au pouvoir : « Dégagez tous », « Gaïd Salah dégage », « Bensalah dégage », « Bedoui dégage », « Pouvoir assassin ». Ils ont insisté sur l’unité nationale en réclamant un Etat de droit pour tous les Algériens sans distinction. Les slogans « Kabyle, Arabe, Chaoui, Mzabi, Targui, khawa, khawa, Gaïd Salah khawana », « Pouvoir dégage », ont longuement retenti dans le ciel de Boumerdès. Le port du drapeau berbère a valu une intervention répressive des policiers intervenus violemment contre les porteurs de l’emblème amazigh et quelques individus ont été interpellés. L’intervention musclée n’a pas dissuadé les marcheurs.

Oum El Bouaghi/Les manifestants n’en démordent pas

Toujours au rendez-vous, les manifestants rassemblés à l’esplanade « Yennayer » ont déferlé en scandant des slogans hostiles au système et en interpellant l’institution militaire à honorer ses engagements dans le cadre de ce que lui confère la Constitution. Ils n’ont pas omis de réclamer une justice indépendante qui ne fonctionne pas aux injonctions.