L’Union nationale des opérateurs en pharmacie (Unop) a réagi aux propos de l’expert en questions pharmaceutiques, Mohamed Nibouche, qui affirmait mardi dernier que la plupart des opérateurs nationaux ne méritaient pas le qualificatif de producteurs. Pour le porte-parole de l’Union, sollicité par Reporters, «si l’on s’en tient à cette étonnante déclaration, seules les multinationales pharmaceutiques sont légitimes pour intervenir sur le marché pharmaceutique national, les investisseurs locaux n’étant animés que par le souci du gain facile». Notre interlocuteur s’étonne d’ailleurs de la distinction qu’a faite Nibouche entre les opérateurs, d’un côté, et les multinationales qu’il a citées nommément (Sanofi et GSK), de l’autre, lors de son passage à la Radio. «C’est très choquant d’entendre dire que tous les producteurs nationaux sont de simples conditionneurs, qui se contentent de la réalisation de quelques opérations simples d’emballage et ne fabriquent ni produits injectables ni produits de biotechnologie.» «Les entreprises pharmaceutiques nationales ne sont pas toutes au même niveau de développement de leurs capacités de production. Il y a encore quelques-unes qui importent des premix et qui sont encore au début de leur processus de production, mais de très nombreuses autres ont fortement progressé et arrivent à décomposer entièrement le process de fabrication de leurs médicaments. Certaines d’entre elles, à l’image de Biopharm ou de Saïdal, disposent même de leur propre laboratoire de développement», nous a indiqué le porte-parole de l’Unop. Ce dernier précise, par ailleurs, que le développement d’une quelconque industrie, et singulièrement une industrie de haute technologie comme celle du médicament, ne se fait pas en un jour. «C’est une opération d’apprentissage de longue durée et l’Algérie peut s’enorgueillir des progrès qu’elle a accomplis dans cette direction. Il reste encore beaucoup à faire en termes de maîtrise des systèmes de contrôle et d’assurance-qualité, de respect des BPF (bonnes pratiques de fabrication), de formation et de perfectionnement de la ressource humaine», a-t-il signalé. Pour terminer, il indiquera que la valeur de la production nationale est passée de quelque 400 millions de $US en 2005 à plus de 2 milliards de $US à fin 2018. «Sans ce développement de la production nationale, la facture d’importation de médicaments dépasserait aujourd’hui les 4 milliards de $US, soit le double du montant enregistré en 2018. L’écart parle de lui-même», a souligné notre interlocuteur. Il déplore, encore une fois, qu’on s’attaque aux opérateurs locaux sans discernement.