Son contrôle en porte-manteau entre quatre joueurs était un régal. Riyad Mahrez a été remarquable face au Sénégal. Ses dribbles, ses ouvertures et ses prises de balle ont eu un effet tranquillisant pour l’équipe nationale. Quand les « Verts » n’avaient plus trop le ballon, il a su le conserver sans donner l’impression d’être perturbé ou énervé. Le sociétaire de Manchester City a bien porté son brassard. En bon capitaine, il éclairé ses coéquipiers face à ceux de Mané et l’absent Ismaïla Sarr. Buteur lors du premier match contre les Kenyans et auteur du décalage pour Feghouli sur l’unique réalisation des « Fennecs », signée Belaïli, le « Citizen » assume son rôle de « star ». Même si Djamel Belmadi, sélectionneur de l’EN, met en avant le collectif car il sait que le vedettariat est une tare. Jeudi, contre les Sénégalais, c’est Ismaël Bennacer, a été élu homme du match par la CAF. Le milieu de terrain a remarquablement fait le taf. Une distinction remise selon les statistiques. Mais pour nous, le football est toutes les facéties et la maestria technique qui nous impressionnent. Nous transcendent vers l’extatique. Mahrez a ce génie à part. Cette conduite de balle et ses crochets déroutants qui le caractérisent. Sa feinte venue d’ailleurs à laquelle mord le plus rusé des défenseurs. Le coriace Kahlidou Koulibaly en a fait l’amère expérience. C’était à la 71e minute quand Riyad l’a embarqué puis frappé. Hélas, c’était passé à rien à côté. Un geste qu’il maîtrise à la perfection et des arrière-gardes qu’il martyrise. Et ce n’est pas exagération. Au sein de la sélection, le natif de Sarcelles (Paris) a un talent sans pareil. Sa patte gauche est comme du velours. Avec son pied, il peut trouver dix solutions et jouer mille tours. Le voir à l’œuvre vaut vraiment le détour. Ses dribbles sont déroutants et ses contrôles défient la gravité et les théories de Newton. Le meilleur joueur d’Angleterre en 2017 est un prodige. Un esthète. Il devra continuer sur cette lancée pour permettre aux siens de passer les écueils des gros morceaux dans la CAN et leur tenir tête. Dans le tournoi égyptien, « El-Khadra » a, de l’avis de tous, réalisé l’entame parfaite. Lors des huitièmes de finale, prévue à partir du 5 juillet, elle sera de la fête. Mahrez & cie veulent aller au bout de cette messe. Et le numéro 26 des « Sky Blues » pourrait être un artisan majeur et une pièce maîtresse de cette éventuelle prouesse.