Programmé sous forme d’une résidence artistique, devant accueillir une trentaine d’artistes algériens et étrangers, le projet « MAAEN » (ensemble), organisé à l’initiative de la plasticienne Mouna Bennamani et du photographe Mahmoud Agraine et mis en place en collaboration avec l’Agence algérienne pour le rayonnement Culturel (AARC), a été présenté, mercredi dernier, lors d’une conférence de presse animée par les organisateurs de ce concept à la villa Dar Abdellatif où se déroulera tout au long du mois de juillet la première étape du travail. Le concept de «MAAEN», explique-t-on, consiste à proposer un espace commun aux artistes et d’offrir une occasion pour un dialogue entre les différentes formes d’expression artistique. Le résultat devant donner lieu à une première exposition d’œuvres collectives en décembre prochain. A propos de ce projet, qui se concrétise aujourd’hui après avoir «grandi» durant plus de deux ans et demi, Mouna Bennamani et le photographe Mahmoud Agraine expliquent en substance qu’«au départ, il s’agissait d’une volonté personnelle de collaborer avec d’autres artistes. Cela remonte à près de deux ans et demi (…) C’était très simple et cela a commencé par un post sur Facebook où nous demandions aux artistes intéressés de se manifester ». Mahmoud Agraine précise, par ailleurs, que le nombre de réponses et l’intérêt pour le concept «d’une collaboration entre les arts pour la création d’une œuvre commune», les avait rapidement conduits à imaginer «plus grand». Projet ainsi concrétisé en faisant appel à la contribution de l’ARRC et au soutien de l’Institut français «ainsi que d’autres sponsors», notamment pour la fourniture du matériel nécessaire à la création des œuvres d’art digital, soulignent les initiateurs de ce projet. La résidence artistique n’est, par ailleurs, que la première étape du travail, et l’occasion de créer les groupes afin de dialoguer sur les contenus des œuvres. «On met en place des binômes, trinômes… le nombre n’est pas très important. Le seul critère est de collaborer sur une œuvre commune en se forçant à sortir de sa zone de confort, du médium que l’on maîtrise», explique-t-on. L’étape suivante étant la finalisation du travail, mais surtout la préparation du premier contact avec le grand public, soulignent les initiateurs de ce concept, ajoutant que «le 28 juillet tout le monde quittera la Villa Dar Abdellatif, mais le travail continuera et nous serons là pour piloter les choses». Ajoutant qu’«en décembre, les artistes exposeront le résultat et on espère même organiser plusieurs expositions en Algérie ou ailleurs dans le monde».

Une trentaine d’artistes réunis pour une réflexion créative
Quant aux vingt-huit artistes retenus pour le projet, dont neuf artistes étrangers, «algériens de la diaspora ou de nationalité étrangère», il s’agit notamment de photographes, de plasticiens, de sculpteurs mais aussi de musiciens, de danseurs ou même d’architectes. Parmi eux, nous citerons le chanteur reggae Sadek Bouzinou, les musiciens sénégalais Dia Youssou et Abdoulaye Anne, le plasticien Karim Nazim Tidafi ou encore la danseuse suisse Deborah Chevalier et le photographe Mehdi Hachid… L’intérêt d’une telle collaboration est que le public pourra notamment faire le suivi de cette résidence à travers de workshops et des conférences. L’objectif étant ainsi d’offrir un espace de promotion mais surtout des expériences formatrices aux participants. «Cela est formateur et sur plusieurs plans. Au niveau personnel tout d’abord. Il faut savoir que la réflexion en vue de créer une œuvre est toujours une forme d’introspection, qui aboutit à révéler une partie de soi. De ce fait, travailler en groupe est encore plus difficile, cela nécessite de se dévoiler aux autres, de trouver un pont, de créer des liens entre chaque participant, de s’accepter et de faire des compromis», explique le photographe Mahmoud Agraine. Résidence artistique «MAAEN, art connection», qui marque ainsi sa première édition. Les initiateurs qui espèrent déjà en faire un événement biennal, nous ont également expliqué que les demandes des artistes pour ce type de rencontres étaient encore très nombreuses. Le nombre de participants retenu cette année aurait en ce sens pu être beaucoup plus important si ce n’est la question du financement de la résidence. «Nous avons reçu davantage de demandes, mais plusieurs raisons ont fait que nous sommes convenus de s’arrêter à une trentaine de participants (…) La principale est qu’une résidence artistique de ce type a un coût, notamment pour la création d’œuvres d’art digital».