Après avoir réitéré, au premier jour de sa visite à l’Académie militaire de Cherchell, le rejet de l’institution militaire à toute période de transition, le général de corps d’Armée s’est attaqué, au deuxième jour de sa visite au même établissement, à l’autre sujet d’actualité, la justice et les arrestations de hauts responsables de l’Etat et de patrons d’entreprise.

Ahmed Gaïd Salah a, en effet, fait état de la «poursuite de la lutte contre la corruption», qui ne connaîtra, dira-t-il, « ni concession ni report », évoquant, une nouvelle fois, «un complot qui se tramait contre l’Armée nationale populaire et contre l’Algérie ».
«Nous avons prédit, depuis 2015, les dessous d’un complot qui se tramait contre l’ANP, contre notre patrie l’Algérie, à travers les tentatives des instigateurs pour tuer l’espoir dans l’esprit des Algériens et d’étouffer tous les dévoués parmi les fils de cette patrie, qui représentent un danger sur les intérêts de la bande avec ses têtes connues par tous, ses bras qui s’étendent et ses réseaux qui s’infiltrent dans les articulations des institutions de l’Etat et de la société», a-t-il annoncé.
Il a ainsi pointé du doigt «la bande» qui «a agi et ne cesse d’agir avec haine, voire avec connivence, avec des entités connues pour leur hostilité traditionnelle envers l’Algérie, afin d’établir les fondements de la corruption, consolider leurs liens et en faire une rampe de lancement d’où seront lancées des attaques contre l’Algérie sur les plans économique, social, culturel, voire sécuritaire ».
Il établit, dès lors, une relation entre les visées de ce complot et les tentations de « déstabiliser » la justice, dont l’emballement dans le traitement de certaines affaires de corruption est sujet à débat. Pour le chef du corps d’armée, « l’objectif de ce complot explique certainement son ampleur et les moyens de son soutien, au point où certaines parties malveillantes tentent de déstabiliser la justice et remettre en cause l’importance de sa lutte contre la corruption, sous prétexte que ce n’est pas le moment de combattre ce fléau et qu’il vaudrait mieux le reporter jusqu’après les élections ».
Gaïd Salah a soutenu qu’« il apparaît clairement l’origine du mal, voire la source de l’épidémie, et se précisent par conséquent les objectifs réels de ceux qui veulent instaurer des phases de transition, soit tomber dans le piège du vide constitutionnel ».
Pour lui, ces parties « veulent protéger la corruption en reportant la lutte lancée contre elle. Et c’est là le mode d’action des corrupteurs ennemis du peuple et de la patrie». Il promet sur ce terrain une lutte implacable. «Point de concession ni de report dans le processus de lutte, mais se poursuivra avec résolution, rigueur et constance avant et après les présidentielles, car le futur président élu sera du côté du peuple et de son pays et sera ainsi, telle une épée face à la corruption et les corrupteurs », a-t-il dit.
Relevant que « ce qui a été réalisé jusque-là dans la lutte contre la corruption et tout ce que cela a requis pour le démantèlement des réseaux de la bande et le tarissement de ses sources n’est pas négligeable, mais un indicateur clair sur le degré de fédération des efforts de l’ANP et de tous les dévoués dans tous les secteurs de l’Etat et de la Société…»
S’agissant du plan de sortie de crise, défendu par l’institution militaire, Gaïd Salah a réaffirmé l’attachement de l’ANP au cadre constitutionnel estimant que « s’écarter sous quelque forme que ce soit du cadre constitutionnel signifie tomber dans des éventualités aux conséquences désastreuses, à savoir basculer dans le chaos ».
Soulignant qu’il s’agit là du « vœu de la bande, de ses têtes et de tous ceux qui leur vouent allégeance », il a soutenu que le souci de l’institution militaire consiste à «respecter la Constitution et à appliquer les lois en vigueur, pour barrer la voie face à tous les opportunistes, arrivistes et traîtres qui tentent de brouiller les efforts des fidèles fils de l’Algérie et les empêcher de servir leur patrie».n