Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), présidé par Mohamed Saïd, est monté au créneau pour exprimer son inquiétude sur l’évolution de la crise, mettant en garde contre des velléités «de confiscation de la volonté populaire» et regrettant «le rejet du dialogue» par le pouvoir. Pour le PLJ, « le rejet du dialogue par le pouvoir effectif confirme la domination de la mentalité d’accaparement de l’autorité qui a mené à la situation actuelle», estime le PLJ, pour qui «exprimer des intentions ne suffit pas si elles ne sont pas accompagnées de mesures concrètes à même d’instaurer la confiance entre le peuple, représenté par ses forces politiques et sociales, et le pouvoir». Le PLJ a dénoncé, dans un communiqué, ce qu’il qualifie d’«entêtement à ignorer les initiatives des forces politiques et sociales et des personnalités nationales concernant les moyens de sortie de l’impasse politique actuelle, dont la dernière en date est celle des dynamiques de la société civile». C’est la raison pour laquelle il a exprimé son inquiétude au vu de «l’aggravation de la crise politique par l’entrée du pays dans une période de transition qui ne dit pas son nom, après le report de l’élection présidentielle». Sur le ton de l’alerte, il met en garde contre «certaines pratiques qui laissent penser qu’il existe une volonté de confisquer la volonté populaire à travers le retardement du départ des figures du système réclamé par les foules du mouvement populaire pacifique depuis le 22 février passé, comme un prérequis au changement radical dans les modes de gouvernance». Au vu du constat qu’il établit sur la situation du pays, le PLJ appelle les manifestants à «plus de vigilance pour conserver l’unité de leurs rangs et le pacifisme de leurs marches», estimant que «les Forces hostiles au changement et impliquées dans la corruption n’épargneront aucun effort pour prolonger la vie du système». Le report de l’élection «à une date inconnue est un de leurs moyens d’atteindre cet objectif en leur donnant le temps nécessaire pour reprendre leur souffle et se réorganiser», souligne le parti de Mohamed Saïd. «Le report sine die de l’élection présidentielle entraîne le pays carrément dans une période transitoire ouverte non déclarée et incertaine pour l’avenir. Elle sera encore d’autant plus incertaine si les initiatives de sortie de crise lancées par des forces politiques, sociales et des personnalités nationales restent en marge des préoccupations du pouvoir de fait », a-t-il averti , appelant à la «nécessité d’accompagner les appels successifs au dialogue de mesures concrètes qui instaurent la confiance entre le pouvoir et le peuple représenté par les forces politiques et sociales dont elles émanent». «Le problème aujourd’hui ne réside nullement dans le comportement de groupes de manifestants qui exhibent la symbolique d’une des trois composantes de l’identité nationale, le vrai problème réside dans la minorité politico-financière corrompue qui tente encore à travers ses bras dispersés dans le pays de reprendre l’initiative sur le terrain », a conclu le parti de Mohamed Saïd.