Partout. Ils sont absolument partout même s’ils ne sont pas des milliers en Egypte. A croire que l’Algérien peut surgir à n’importe quel moment. Mardi, en se baladant dans les rue du Caire, on a entendu des «One, Two, Three ! Viva l’Algérie !» ébruiter d’un hôtel. C’était des supporters des «Verts» qui allaient partir faire une virée à Gizeh pour voir les pyramides. Une journée sortie à laquelle ils nous avaient conviés. Et c’était pour le moins… spécial et bruyant.

Avant que le bus censé nous conduire pour la virée n’arrive, on a eu le temps de faire la connaissance de quelques supporters béninois. Ces derniers séjournent dans le même établissement que nos compatriotes situé à la rue des Pyramides Al Omraneyah Al Gharbeyah. Ils étaient tout excités à l’idée de voir la première sortie de leur sélection qui s’est tenue avant-hier soir face au mastodonte ghanéen. « J’espère qu’on fera un aussi bon début de tournoi que l’Algérie », nous a dit Paule-George qui nous a confié que « l’Algérie est une équipe impressionnante. Riyad Mahrez est mon joueur préféré. J’adore sa patte gauche. Mais nous aussi nous avons Sessegnon attention! » Malheureusement, son souhait n’a été exaucé qu’à moitié puisque les «Ecureuils» ont accroché les Ghanéens (2/2).

Salah – Mahrez : duel pharaonesque
Après cet échange, on a sauté dans le bus pour commencer le programme. Première escale : le site des pyramides. Premières restrictions et premier mécontentement : prendre des photos avec le drapeau algérien sur les lieux antiques est interdit. Pas de quoi dissuader pour que les couleurs algériennes soient mises en évidence. Ce sont les écharpes pour public qui étaient de sortie pour immortaliser sous l’imposante pyramide de Khéops, l’une des Sept merveilles du monde. Aux alentours les vendeurs de souvenirs jouaient les chambreurs aussi. Les « Mohamed Salah va vous sortir », c’était la pique préférée des Egyptiens. La parade? Riyad Mahrez. Evidemment. «N’oubliez pas qu’on a un gaucher qui pourrait même dribbler des pyramides», a répliqué l’un des Dz. Efficace et marrant. Même les héritiers des Pharaons en ont rigolé. Par la suite, c’était un petit tour derrière les trois pyramides et un passage devant le Sphinx, gardien des lieux. Une fois sortis du site, l’escale était le Palace Louxor de la famille Al Fayed qui s’est spécialisée dans la confection de tout ce qui est en rapport avec l’essence antique produite à partir d’ingrédients naturels comme du temps des Pharaons.

Momie, le film
Si le calme a été observé pour écouter le petit voyage dans l’histoire disserté par l’Egyptien Omar, spécialiste de cette épopée d’or, au musée du papyrus égyptien, les turbulents se sont fait remarquer en prenant des photos à la volée alors que c’est interdit.
Et quand ils ont été priés de ranger le portable, ils ont chanté « lebled bledna w’ndirou rayna » (ce pays et notre et on fera ce que bon nous semble). Les personnes sur les lieux ont préféré en rigoler. La ferveur était là mélangée à la réputation de tête brûlée. La tendance à faire tout ce qui est infraction ou interdit s’est prolongée au musée égyptien du Caire. A peine le détecteur de métaux franchi et les « One, Two, Three Viva l’Algérie » fusaient de partout pour aviser de la présence et se faire distinguer.
Les touristes étaient curieux de savoir pourquoi tout ce boucan. Mais ils ont tout de suite compris que c’était en rapport avec la CAN. Surtout quand les jeunes commençaient à faire répéter des slogans aux gens en les filmant. Un peu moins drôle fut la suite. Comme les Algériens sont têtus et maîtres de la récidive, ils ont sorti les smartphones dans la salle des momies pour filmer et photographier les corps sans vie et préservés des 8 momies royales dans cette salle à part.
Il aura fallu l’intervention de la sécurité pour arrêter la débandade et l’assaut en photos dans ce carré qui donne l’impression que le temps s’est arrêté quelques années. Au pays du Nil, les Algériens espèrent aussi écrire leur histoire. Leurs comportement se situe parfois entre le mystérieux et le paranormal. Un peu de folie, les « Fennecs » en auront besoin pour trôner tel Ramsès et épouser la reine africaine lors de cette messe.