Le pouvoir politique semble tenir à l’organisation de l’élection présidentielle, malgré le report de celle devant se dérouler le 4 juillet prochain, au moment où des courants de l’opposition s’activent pour une sortie de crise qui passerait par une période de transition diversement conçue, aussi bien sur sa durée que son contenu politique. Le mouvement populaire, lui, ne cesse de réitérer son refus à toute échéance électorale qu’organiserait le régime en place et l’encadrement réglementaire en vigueur. Ce qui atteste, une nouvelle fois, qu’un fossé sépare les deux parties – pouvoir et oppositions – qui campent sur leurs positions respectives alors que le dialogue annoncé peine à prendre forme.
Dans ce sens, il y a lieu de relever que la réunion, qui a regroupé avant-hier le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, et le Premier ministre Noureddine Bedoui, a porté sur «la relance du processus électoral», selon le communiqué de la présidence de la République. Lors de cette rencontre, «le Premier ministre a présenté un exposé détaillé sur la situation socioéconomique du pays, en procédant à une évaluation globale de la situation politique, outre les conditions et mécanismes devant accompagner la relance du processus électoral », a précisé la même source. On aura ainsi remarqué que le vocable « dialogue » ne figure pas dans le communiqué de la présidence à moins que le passage évoquant « les conditions et mécanismes devant accompagner la relance du processus électoral» vise à traduire et à présenter autrement l’offre de dialogue maintes fois exprimée par le pouvoir.
Pourtant, lors de leur précédente rencontre, le 19 juin, les deux responsables ont déjà eu à examiner «l’organisation du dialogue politique et la relance du processus électoral». Auparavant, le 6 juin, le chef de l’Etat par intérim avait appelé les acteurs politiques, les représentants de la société civile ainsi que les personnalités nationales à un dialogue inclusif en vue de la sortie de la crise que traverse le pays depuis plusieurs mois.
M. Bensalah, dans un message adressé à la Nation, avait invité «la classe politique, la société civile et les personnalités patriotiques nationales, jalouses du devenir de l’Algérie, à opter pour la voie du dialogue inclusif, en vue de poser les jalons du processus de concertation que l’Etat s’emploiera à organiser dans les meilleurs délais, à débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle et, partant, tracer une feuille de route devant aider à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité».
Cet appel au dialogue n’avait pas, pour rappel, emballé la classe politique à l’exception des formations politiques de la majorité qui ont adhéré à l’offre du pouvoir politique. Par contre, les partis de l’opposition, s’ils ont salué la posture de dialogue du pouvoir, ne sont pas prêts à accepter un processus de dialogue que mèneraient des figures du pouvoir décriées par des pans entiers de la société, un discrédit exprimé dans les marches populaires qui se tiennent chaque vendredi. Chez ces partis, il y a visiblement un élément qui fait l’unanimité, celui de réclamer le départ d’Abdelkader Bensalah et de Noureddine Bedoui comme préalable à l’entame de tout processus de solution. Et avec les mois qui passent, l’opinion aura compris que cette exigence préalable continue de constituer une pierre d’achoppement dans la quête de solution à une crise qui entame son cinquième mois.