Plus de 200 000 visiteurs ont déjà séjourné dans la wilaya de Tipasa et cette présence n’est pas sans risques. Ce qui a poussé les responsables de la Chambre de commerce et d’industrie Chenoua (CCICI) à organiser, aujourd’hui, une rencontre sur « la prévention des toxi-infections alimentaires et la protection du consommateur » en regroupant dans la salle de conférences de la bibliothèque de lecture publique de nombreux intervenants.

C’est la première fois que tous les secteurs sont associés pour discuter de la problématique des intoxications alimentaires en réunissant la direction du commerce, de la santé, de la protection civile, l’inspection vétérinaire et des représentants de l’association des consommateurs. Il faut signaler que, selon les chiffres du ministère de la Santé, il est enregistré chaque année de 4000 à 5000 cas de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) dont certaines font des victimes avec un pic de 10 000 cas en 2017. Ce bilan inquiétant de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) a incité les responsables à tous les niveaux à lancer, chaque été, des campagnes de sensibilisations pour mieux prévenir ce fléau. Ce problème prend de l’ampleur durant les trois mois de l’été car le mode de consommation des ménages change, puisque beaucoup d’entre eux s’orientent vers des restaurants et fast-food sans oublier que les fêtes collectives sont plus nombreuses où souvent les conditions d’hygiènes ne sont pas respectées à la lettre. D’où la nécessité de mettre l’accent sur la multiplication des actions de sensibilisation pour réduire le phénomène qui devient un véritable problème de santé publique avec un bilan épidémiologique pour l’année 2017 qui a dépassé les 10 000 cas, une véritable hécatombe. Les animateurs de la journée de sensibilisation vont s’atteler, selon le responsable de la CCIC, à définir les TIAC qui se manifestent par l’apparition d’au moins deux cas groupés similaires d’une symptomatologie, à savoir la gastro-intestinale (vomissements, douleurs abdominales, diarrhées, céphalées et nausées). Les responsables de la santé, de leur côté, rappelleront que ces maladies sont à déclaration obligatoire, selon l’arrêté 179 et le circulaire du 17 novembre 1990 fixant la liste des maladies à déclaration obligatoire et les modalités de leur notification explicitée par l’arrêté du 30 décembre 2013. Il sera question, aussi, de recommandations aux ménagères et surtout aux restaurateurs relatives au respect des règles élémentaires d’hygiène en veillant à la propreté des mains, de la vaisselle et de laver les légumes et fruits avant leur utilisation sans oublier que tout le monde est concerné par la vérification de la date de péremption des produits notamment laitiers et de s’assurer que le réfrigérateur est à 4 °C. En général, la rupture de la chaîne de froid est à l’origine des intoxications selon les spécialistes.
L’autre point prévu dans la rencontre concerne le contrôle bactériologique et physico-chimique des aliments, des eaux de boisson et des eaux de baignade qui est effectué, en principe, quotidiennement à partir du 1er juin jusqu’au 30 septembre c’est-à-dire à la clôture de la saison estivale Autrement dit, les différents intervenants appelleront à un contrôle rigoureux de tous les produits périssables, de large consommation et des conditions de stockage particulières, mais aussi des analyses des points et réservoirs d’eau et des eaux de baignade, ajoutant que ce sont là les principaux vecteurs de contamination et d’intoxication qui nécessitent un strict contrôle en amont et en aval, sans omettre la lutte contre les moustiques en cette période de grande chaleur.
La rencontre aurait eu plus d’impact si les organisateurs avaient pensé à inviter les responsables des bureaux communaux d’hygiène dont c’est la mission principale mais qui sont, souvent, à la traine et gagneraient à être un plus présents sur le terrain. n