Les Palestiniens ne cessent de réitérer leur refus de la conférence que comptent organiser les Etats-Unis, mardi et mercredi à Bahreïn, sur le volet économique d’un plan de paix au Proche-Orient, soulignant par la voix de Hanane Achraoui, conseillère du président Mahmoud Abbas, la nécessité de commencer d’abord par «arrêter le vol par Israël des terres des Palestiniens et de leurs ressources». «Commencez par arrêter le vol par Israël de notre terre, de nos ressources et de notre argent, donnez-nous la liberté de mouvement et le contrôle sur nos frontières (…) et ensuite regardez-nous construire une économie dynamique», a lancé aux Américains Hanane Achraoui. Les Palestiniens refusent de prendre part à la conférence de Manama, au sujet de laquelle ils assurent ne pas avoir été consultés à l’avance. «C’est une décision collective, du président Mahmoud Abbas, du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), de tous les partis politiques palestiniens, des personnalités nationales, du secteur privé et de la société civile», a indiqué l’OLP. Les Palestiniens ont boycotté l’administration américaine depuis que le président Donald Trump a reconnu unilatéralement El-Qods comme «capitale» d’Israël, en décembre 2017, rompant avec le consensus international sur le statut de cette ville occupée. Les Palestiniens veulent faire de la partie orientale de la ville la capitale de leur Etat indépendant auquel ils aspirent. Ils refusent le futur plan de paix américain estimant qu’il serait trop favorable à Israël. El-Qods est occupée depuis 1967 par Israël qui l’a annexée, annexion non reconnue par l’ONU. Lundi, le Premier ministre palestinien Mohammad Shteyyeh a déclaré que «le contenu de l’atelier américain prévu dans la capitale du Bahreïn, Manama, est ridicule et illégal», soulignant que «les résultats de cette conférence seront stériles avec la non-participation palestinienne». S’exprimant lors d’une réunion du gouvernement à Ramallah en Cisjordanie, le Premier ministre palestinien a précisé que «la solution de la cause palestinienne est politique en mettant fin à l’occupation». M. Shteyyeh a ajouté également que «celui qui veut réaliser la paix et la prospérité du peuple palestinien doit inciter Israël à mettre un terme au vol de notre terre, à la piraterie de notre argent, à l’appropriation de nos ressources naturelles, à l’arrêt de la colonisation, à la levée du blocus imposé à la bande de Ghaza et de respecter les résolutions et le droit internationaux». Au sujet de la situation financière, le Premier ministre palestinien a précisé qu’Israël retient toujours les recettes fiscales de la Palestine rendant sa situation financière «très difficile». Dans ce contexte, il a loué les efforts des ministres arabes des Finances qui ont convié, lors d’une réunion urgente, d’apporter leur soutien à la crise financière que traverse actuellement l’autorité palestinienne.n