L’urgence d’une solution à la crise politique que traverse le pays a été mise en évidence par l’ensemble des sensibilités et, ce, dès les premières semaines qui ont vu s’exprimer un mouvement populaire réclamant le changement. L’équation politique reste posée plus de quatre mois plus tard. Mais plus que la crise politique s’est installée dans la durée, plus elle a généré d’autres urgences sur le plan économique et social.
Sur ce registre, force est de constater aujourd’hui que les signaux ne sont point au vert. C’est plutôt l’interrogation et l’incertitude qui sont de mise. S’il est évident que la croissance économique n’était pas au rendez-vous depuis longtemps, le monde de l’entreprise – pilier de tout essor économique- se conjugue davantage à l’incertitude du contexte.
Ce qui a remis inéluctablement au goût du jour d’autres équations, qui ne manquent pas d’acuité pour une économie notoirement fragile, à l’image de la question de l’emploi et celle du pouvoir d’achat des ménages.
Au chapitre de l’emploi, l’inquiétude est d’autant plus visible au vu de l’actualité qui marque la vie de certaines entreprises créatrices d’emplois mais dont les patrons sont mis en prison dans un emballement politico-judiciaire jamais vécu par le pays. Cette évolution qui continue d’ébranler le monde de l’entreprise fait manifestement planer de sérieuses appréhensions annonçant d’énormes difficultés pour maitrîser la question de l’emploi. Autrement dit, avec des entreprises en difficultés à cause de l’amenuisement de la commande publique, ou qui risquent carrément la fermeture en conséquence à l’emprisonnement de leurs patrons, c’est une hausse du taux de chômage qui se profile à l’horizon. C’est à ce titre qu’il y a urgence que les autorités œuvrent véritablement à la préservation de ces entreprises qui constituent un outil de production qui n’est point possible de remplacer en cas de disparition. D’autant plus que la part des deniers publics n’a jamais été loin dans le lancement et l’émergence des entreprises aujourd’hui objet d’incertitudes. L’apport public a été toujours pesant aussi bien par des subventions et commandes publiques ou par la bonification des crédits bancaires.