Le niveau de remboursement des médicaments par la Caisse nationale d’assurances sociales des travailleurs salariés (Cnas) poursuivra sa hausse dans les années à venir. Il devrait dépasser les 260 milliards de dinars en 2022, alors qu’il est de 148 milliards de dinars (+112 milliards de dinars), a indiqué le directeur du contrôle médical auprès de cet organisme public, Djamal Matari, en marge du 10e Forum régional des médecins pratiquants et médecins conseils de la Cnas, organisé lundi à Blida. Cette «hausse sensible de la facture de remboursement des médicaments » est provoquée par les « ordonnances extravagantes, comportant plus de 11 médicaments », a expliqué M. Matari, en se référant aux résultats d’une étude réalisée par des médecins et experts du domaine sur une durée de six mois, à travers plusieurs wilayas du pays. Cette étude relève également de nombreux dépassements, imputés aux médecins, « à l’origine de pertes financières considérables pour la Cnas », a encore fait savoir le même responsable. Sur ce registre, il citera, notamment, « la prescription de médicaments à la demande du patient et la prescription d’ordonnances sans aucune relation avec l’état de santé de l’assuré social». Face à la menace que fait peser la facture des remboursements sur son équilibre financier, la CNAS « œuvre, de concert avec le ministère de la Santé et le Conseil national de l’Ordre des médecins algériens, en vue de mettre un terme à ces dépassements, dans un cadre légal, à travers notamment la sensibilisation des médecins sur l’importance de la responsabilité qui leur incombe », a souligné son directeur régional. Les médicaments prescrits pour le diabète et l’hypertension représentent à eux seuls 54% des remboursements de la CNAS, sachant que ces deux maladies sont remboursés à 100%, a encore souligné le même responsable, ajoutant qu’une commission interministérielle englobant les secteurs de la santé, du travail, de l’emploi et la sécurité sociale est chargée « chaque mois d’actualiser la liste des médicaments remboursables, sur la base de critères scientifiques et médicaux ».
Outre les médicaments, la CNAS pâtit des arrêts maladie « fictifs », a fait souligner Matari, avant de rappeler les mesures prises par les services concernés pour réduire de l’impact de ce phénomène pratiqué à grande échelle par les assurés, avec la complicité des médecins. Ainsi, des mesures ont été prises pour faire face à ce phénomène, avec pour premiers résultats «une réduction de l’ordre de 3% constatée en la matière, parallèlement à une baisse de 50% dans les congés maladies faisant suite aux congés de maternité», a-t-il expliqué, citant , parmi ces mesures, «le contrôle de l’état du travailleur le lendemain du jour suivant l’introduction de son arrêt maladie, outre la mise en œuvre de la mesure de contrôle administratif qui permet à la Caisse de se rendre, à l’improviste, au domicile de l’assuré social pour vérifier sa présence, sur place, de 10h du matin jusqu’à 16h».