Pris par un sentiment d’exclusion et d’injustice, du fait qu’ils soient privés de leurs droits depuis longtemps, les employés du musée El Mokrani sont montés au créneau pour dénoncer la tergiversation et l’ostracisme qu’exerce sur eux la tutelle, en l’occurrence l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGEBC).

A travers un communiqué, dont nous détenons une copie, ils interpellent les responsables à différentes échelles d’intervenir pour mettre un terme à ce qu’ils appellent tout simplement la «hogra». «Avec l’appui du directeur du musée, nous avons, à maintes reprises, interpelé les responsables au niveau central, en vain. Et si la tutelle continue de faire la sourde oreille, nous allons fermer le musée et entamer une grève illimitée», menace l’un des protestataires. «L’article 14 du règlement intérieur est pourtant clair sur le sujet : il stipule que chaque employé ayant une expérience d’un an et demi dans l’établissement doit être titularisé. Il n’en est rien pour nous, malheureusement. Il y a ceux qui ont deux, trois, voire quatre ans d’expérience, mais ils sont toujours sous CDD, sans le moindre espoir de titularisation à l’horizon», enchaîne un autre. Même les réclamations faites par les employés sont restées, selon nos interlocuteurs, lettre morte puisque la direction ne daignait même pas donner suite à leurs préoccupations. « Souvent, quand on appelle la tutelle à Alger, le téléphone sonne dans le vide sans que personne prenne la peine de nous répondre. Pis, parfois on tombe sur des énergumènes hautains qui ne cachent pas leur mépris envers tous les employés des différentes antennes à travers le pays », précise-t-on. Les anciens employés, eux aussi, ne sont pas en reste. Ils dénoncent la précarité socioprofessionnelle dont souffrent leurs jeunes collègues et demandent une augmentation des salaires et des promotions après de longues années de bons et loyaux services pour les anciens. « Figurez-vous, il y a une dame qui va bientôt partir à la retraite avec un salaire de
22 000 DA. Est-ce raisonnable ?», s’étonne-t-on. On lit également dans le communiqué que plusieurs dossiers sont oubliés dans les tiroirs de l’OGBEC et parfois «égarés». Pourtant, lit-on encore, tous les employés contribuent régulièrement à la mutuelle dont ils ne tirent aucun profit en termes de prestations sociales. Le musée El Mokrani est l’un des prestiges de la région et du pays qui devrait être jalousement gardé et entretenu pour offrir aux visiteurs un meilleur cadre d’accueil. Là encore, la sécurisation de ce lieu de mémoire laisse à désirer. « En l’état actuel des choses, on ne peut pas exposer des objets de valeur au musée. Tant que les employés chargés de la sécurité ne sont pas suffisamment équipés pour mieux assurer la sécurité des lieux. Le visiteur qui débourse 60 DA pour pouvoir entrer a le droit de voir ce qu’un musée est censé offrir », conclut-on. n