Si tous les pays participants à cette CAN 2019 sont officiellement indépendants politiquement, six parmi eux subissent néanmoins, plus de 60 ans après leur indépendance, un vestige du colonialisme, ouvertement et directement. Benin, Côte-d’Ivoire, Mali, Sénégal, Cameroun et Guinée Bissau ont tous une monnaie commune, le franc CFA, gérer à partir de Paris, par le trésor français, . Ils font partis d’un groupe de 14 pays africains traînant encore un modèle remontant à l’époque coloniale.

Plusieurs africains dénoncent cette situation. Ainsi, chaque année, à l’occasion du Sila (Salon International du Livre d’Alger), l’espace « Esprit Panaf », qui était dédié à l’Afrique, revenait sur cette « thématique ». Les invités, venant de plusieurs pays du continent, ne cessaient pas de dénoncer cette situation qui perdure, et dont les pouvoirs locaux semblent s’acclimater sans vouloir réellement changer la donne. Pourtant, il s’agit bien de pays (représentants 155 millions de personnes) dont la monnaie est imprimée en France. L’humiliation n’est pas uniquement à ce niveau. Les économies de ces colonisés monétaires dépendent de ce qui se décide à Bruxelles, puisque la valeur du Franc CFA est indexée sur l’euro (1 euro = 655,96 francs CFA). Ces 14 Etats africains n’ont pas d’autres choix (à ce jour) que de déposer 50% de leurs réserves en France ! En contre-partie, leur convertibilité avec l’euro est illimitée. Une bien maigre compensation devant la perte de sa souveraineté.

Évidement plusieurs voix, et depuis longtemps, se sont élevées contre cette situation (photo, en haut, d’une manifestation à Dakar, en 2017).  Le bénino-français, Kemi Seba, est l’un d’eux. Ce chantre du panafricanisme, est très actif, que ce soit sur le continent ou en Europe, pour dénoncer le Franc CFA.  Sa virulence l’a rendu persona non grata dans au moins quatre pays africains (Sénégal, la Guinée, le Togo et récemment la Côte d’Ivoire).  

Le livre collectif, sorti en 2016, « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire » auquel a participé Kako Nubukpo

L’économiste togolais, Dr Kako Nubukpo est une autre figure emblématique de cette lutte. Il est l’un des auteurs du livre collectif, sorti en 2016, « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire », sa déclaration, faite il y a quelques années donne un aperçu sur l’impact sur les consciences : « Le franc CFA est une monnaie économiquement inefficace, politiquement illégitime, socialement inéquitable et historiquement indigne ».

Les africains ne sont pas les seuls à critiquer ce système monétaire. En janvier dernier, le vice-président du Conseil italien, Luigi di Maio, fustigeait la France, et l’accusait d’utiliser le franc CFA pour alimenter sa dette publique.

Cependant, et malgré les nombreuses actions pour faire disparaître cette « servitude monétaire », la situation reste telle quelle.  Ce front reste faiblement suivi. Pourtant Frantz Fanon l’avait bien saisi, il y a 58 ans déjà, (dans « Les damnés de la terre »), quand il avait décrit la colonisation comme « une négation systématisée de l’autre, une décision forcenée de refuser à l’autre tout attribut d’humanité ». Les mentalités n’ont pas changé et, faut-il rappeler, pour ceux qui l’auraient oublié, que l’Algérie est africaine.!

@SalimKoudil

9h19#CAN2019(03): Zizou, Kermali et Benarbia

Résultats des matchs disputés mardi 25 juin (CAN 2019)

Groupe F :

Cameroun 2-0 Guinée Bissau

Ghana 2-2 Bénin