De notre envoyé au Caire, Moumene Belghoul
L’Algérie aura réussi son entrée en lice dans cette CAN égyptienne. Une victoire appliquée face à un adversaire kenyan certes modeste, mais qui ne joue pas la phase finale de la compétition par hasard. Le public algérien venu nombreux pour voir cette première sortie des Verts en terre égyptienne dans le groupe C qui semble jouable, n’aura guère laissé indifférent.
Connu pour être un public d’ambiance comme le sont généralement les supporters méditerranéens, le public algériens aura été fidèle à sa réputation. Les supporters – quelques milliers ayant fait le déplacement au Caire – ont déferlé dimanche dès l’après-midi sur l’enceinte des forces aérienne avec tambours, banderoles et drapeaux pour encourager les Verts dans cette CAN. Les Algériens visiblement imprégnés de l’ambiance contestatrice en vigueur actuellement en Algérie n’ont pas arrêté de reproduire les slogans les plus usités durant les mouvements du Hirak chaque vendredi. «Viva l’Algerie, tetnahaw gaâ !» et l’inévitable «One, two, three, viva l’Algerie !». A la fin de la rencontre, ils ont laissé éclater leur joie pour cette première victoire prometteuse. Sous le cris « Echaâb, yourid, la coupe d’Afrique !», le peuple veut la Coupe d’Afrique, les supporters ont suivi la sortie des joueurs, un à un, sous des applaudissements nourris. Les supporters des Verts ont séduit les présents au stade des forces aériennes égyptiennes avec le chant des supporters devenu celui du soulèvement populaire du 22 février «La Casa del Mouradia». Un véritable festival de couleurs. Les Egyptiens connaisseurs du football et amateurs des grandes ambiances n’ont pas été indifférents à la « chaleur» des Algériens. Les Egyptiens gardent en mémoire le fameux match de Oum Dourman, une véritable désillusion, «on tenait là une grande génération de l’équipe d’Egypte, haram (dommage) qu’ils ont été empêchés d’aller au Mondial par ce diable de Antar Yahia !» nous dit un supporter en exprimant son admiration pour le football algérien. Un Algérie-Egypte durant cette CAN, il n’ose même plus y penser.

Banderole et fumigènes
Les slogans inscrits sur les banderoles des supporters algériens n’ont pas tous été du goût de la police égyptienne présente en force au stade et à ses alentours, la sécurité renforcée autour des enceintes de jeu reste impressionnante. Un supporter en paiera les frais. Sa banderole portait le fameux slogan «Doula Madaniya machi Aaskariya» (Etat civil et non militaire). Il était évident que cette banderole était particulièrement inappropriée dans un pays comme l’Egypte qui a aussi ses spécificités politiques et sociologiques. En dépit de l’interdit et des fouilles méticuleuses à l’entrée du stade, les supporters des Verts ont également réussi à introduire un fumigène avec lequel ils ont célébré la première victoire des Verts. Décontenancés et intrigués, les services de sécurité égyptiens ne comprenaient pas d’où sortait ce produit pyrotechnique. «Eazy gabouh !» (Mais comment diable l’ont-ils introduit), entendait-on crier parmi eux. Dans une enceinte militaire cette inattention pourrait coûter des sanctions. Les Algériens qui ont animé les gradins du stade des forces aériennes égyptienne n’ont pas quitté les lieux avant de nettoyer la tribune qu’ils avaient occupée. Ce qui a détendu les esprits après l’incident du fumigène. Les aficionados des Verts ont ramassé bouteilles, papiers et autres détritus avant de quitter les lieux, un geste qui n’est pas passé inaperçu. Avec cette entrée en matière victorieuse, les prochaines rencontres des Verts revêtent déjà un cachet prometteur.
Les observateurs commencent à parler d’un certain Algérie-Sénégal prévu jeudi prochain. Un face-à-face qui promet.