La conférence nationale des «Forces du changement pour le triomphe du choix du peuple», prévue initialement le 29 juin, devra être reportée à une date ultérieure.

Les préparatifs à cette rencontre, dont l’objectif est d’adopter une feuille de route consensuelle à même de sortir le pays de la crise, prennent, semble-t-il, beaucoup plus de temps que prévu. De plus, aucun lieu n’a encore été choisi pour la tenue de cette conférence. Selon Lakhdar Benkhellaf, cadre dirigeant du Front pour la justice et le développement (FJD) – El Adala, « tout indique que nous nous dirigeons vers le report le temps de réserver avec confirmation la salle où devra se tenir la rencontre ». Des sources ont même avancé la date du 6 juillet prochain, mais notre interlocuteur, joint hier par téléphone, se montre prudent et ne veut pas s’aventurer : « Il est possible que cette date soit retenue, mais ce que je peux vous assurer c’est que la conférence aura lieu durant la première semaine, au plus tard la deuxième semaine de juillet ».
En effet, c’est la commission chargée de l’organisation qui a arrêté la date du 6 juillet prochain, en attendant qu’elle soit validée au cours d’une réunion qui regroupera les représentants des partis, personnalités et organisations, membres de cette alliance.
Pour rappel, ce conglomérat regroupe entre autres les partis El Adala d’Abdallah Djaballah, Talaie El Hourriyet de l’ancien chef de gouvernement Ali Benflis, El Fadjr de Tahar Benbaibèche, l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS) de Noureddine Bahbouh, la Confédération des syndicats algériens (CSA), des personnalités et spécialistes comme Abdelaziz Rahabi et Fatiha Benabou, outre des acteurs de la société civile. Après plusieurs réunions, les «Forces du changement» veulent s’imposer à travers une conférence qui regroupera l’ensemble des représentants de la classe politique. Mais, le pari reste difficile puisque, à peine le projet commence à faire son chemin, des partis de la mouvance démocratique (FFS, RCD, PT, MDS, PST, UCP, PLD et la LADDH) ont, de leur côté, opté pour une autre conférence. Sur ce, Abdallah Djaballah, président d’El Adala, invité hier du Forum du journal arabophone El Mihwar, a expliqué que les contacts se poursuivront. « Nous faisons de gros efforts pour convaincre tout le monde et nous n’avons exclu personne, à part les partisans de l’ancien régime, rejetés par le peuple. Certains de nos interlocuteurs ont accepté de nous rejoindre, d’autres se sont excusés, d’autres ont refusé. C’est le principe de la démocratie et nous le comprenons», a-t-il déclaré, ajoutant que «c’est au peuple souverain de trancher». L’essentiel pour lui, dit-il, est que «les partenaires sollicités adoptent des positions en adéquation avec ce que revendique le peuple lors de ses marches ». Se montrant optimiste, Abdallah Djaballah soutient que «la conférence à laquelle nous appelons, si elle réussit avec les participants qu’on aspire avoir parmi nous, sera adoptée par le peuple». «Les Algériens qui sortent pour manifester, a-t-il encore appuyé, attendent qu’il y ait une vraie plateforme consensuelle qui soit représentative de toutes les parties et surtout qui reprenne l’esprit de leurs revendications ».
En tout état de cause, en attendant que le lieu et la date de la conférence soient définitivement arrêtés, les initiateurs misent sur une forte présence pour donner un cachet consensuel à leur démarche de sortie de crise.
Ils espèrent, en effet, avoir le maximum de personnalités, de partis, de militants politiques, de syndicats et d’acteurs du Hirak. Refusant de donner quelque nom que ce soit, Lakhdar Benkhellaf assure pourtant que cette conférence sera «l’occasion de rassembler toutes les énergies ». La liste des invités est, selon lui, « longue ».<