Au milieu de l’imbroglio judiciaire entourant certaines affaires de corruption touchant des entreprises dont le règlement est en cours devant les tribunaux, le gouvernement tente de préserver l’outil de production et les emplois, de s’occuper des problèmes les plus urgents. L’Exécutif estime qu’il faut agir en priorité sur le terrain juridique.

En effet, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, presse son cabinet « d’accélérer le recensement de toutes les activités économiques et projets susceptibles de connaître une perturbation en raison des mesures conservatoires, et ce, dans l’objectif de leur trouver des solutions juridiques». Les mesures conservatoires peuvent prendre beaucoup de temps étant donné la complexité des affaires à traiter par la justice. M. Bedoui a donné cette instruction au cours d’une réunion du Conseil interministériel consacrée à la mise en place d’un « organe gouvernemental chargé du suivi des activités économiques et de la préservation des outils de production et des postes d’emploi », en présence des ministres des Finances, de la Justice, de l’Industrie, du Commerce, des Travaux publics, et des Ressources en eau, ainsi que du Gouverneur de la Banque d’Algérie et du vice-président de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (Abef). Comme on peut le constater, la réunion a concerné l’industrie, les travaux publics, les ressources en eau et le commerce, quatre gros secteurs où il y a eu beaucoup de contrats de la commande publique, le secteur des finances qui détient les cordons de la bourse, et la justice qui fait appliquer la législation. Lors de cette réunion, il a été procédé à la présentation d’un exposé détaillé sur les mécanismes juridiques visant la préservation de certaines entreprises économiques souffrant de difficultés sur le terrain en raison des mesures conservatoires, à travers la mise en place d’un organe multisectoriel, présidé par le ministre des Finances, lequel sera chargé du suivi et de la proposition de mesures pratiques pour la préservation de ces entreprises et de leurs postes d’emploi. Suite à quoi, le Premier ministre a décidé de l’installation officielle de cet organe multisectoriel chargé du suivi des activités économiques et de la préservation des outils de production, sous la présidence du ministre des Finances. Le gouvernement s’est, également, engagé à honorer tous ses engagements vis-à-vis des maîtres-d’œuvre nationaux ou étrangers, tout en chargeant le ministre des Finances de garantir les affectations de paiement pour le financement de l’ensemble des projets publics structurés en cours de réalisation. Dans ce cadre, le gouvernement a été chargé de recenser, en urgence, toutes les activités économiques et les projets qui peuvent enregistrer des perturbations à cause des mesures conservatoires, et ce, en vue de leurs trouver des solutions juridiques dans le but de préserver leur rôle socioéconomique, notamment les postes d’emploi. Le gouvernement a été chargé d’examiner, au cas par cas, la situation de toute entreprise de production et proposer les mesures pratiques et juridiques y afférentes. Les décisions nécessaires seront prises lors des réunions du gouvernement.
L’Exécutif veut ainsi éviter une fracture au sein des entreprises dont les patrons ont été mis en détention préventive, une mesure découlant du processus d’instruction des dossiers soumis à la justice. Il sait que plus la détention dure, plus la situation des entreprises empire, surtout pour celles ayant dans leurs portefeuilles beaucoup de projets obtenus dans le cadre de commandes publiques. Dans pareil contexte, le gouvernement n’a pas intérêt à ce que ces projets soient perturbés et que les entreprises périclitent à mesure que la commande publique et les crédits bancaires baissent. Il doit continuer à les alimenter en crédits et à payer les travaux qu’elles ont réalisés. Mais dans sa démarche, il semblerait sélectif à l’égard des entreprises. La preuve, il n’a rien fait pour sauver le groupe médias «Temps nouveaux» en difficulté financière depuis l’incarcération de son propriétaire, Ali Haddad le 30 mars dernier. Le porte-parole du gouvernement, Hassan Rabhi, interrogé dimanche dernier, sur ce cas, a déclaré que la presse, « étant libre, elle est libre dans sa gestion et si elle échoue dans la gestion de ses affaires, elle doit y remédier et résoudre ses problèmes ». Samedi dernier, les travailleurs et journalistes groupe médias «Temps nouveaux ont réitéré leur appel au sauvetage du groupe. Par ailleurs, dans un communiqué publié il y a quelques jours, la direction a annoncé que la famille Haddad a accepté une cession à un repreneur.<